Les contours de la politique fiscale se dessinent avec une volonté affichée d'éviter une augmentation généralisée des impôts. Cependant, certaines classes de contribuables pourraient bien voir leur facture s’alourdir. Êtes-vous concerné par ces ajustements ?
« Nous n'irons pas chercher l'argent dans la poche des classes populaires et des classes moyennes. » C'est le message clair de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, relayé par plusieurs ministres. Toutefois, des efforts seront demandés aux plus riches, comme l'indique Michel Barnier. Avec une dette projetée à 5,6% du PIB, la nécessité d'augmenter les recettes semble incontournable.
Gel du barème de l'impôt sur le revenu
Le débat sur la définition des classes moyennes reste ouvert en France. Si Emmanuel Macron les range parmi ceux ayant des revenus entre 1500 et 2500 euros, il existe une méthode alternative : se fonder sur les revenus déclarés. L'impôt sur le revenu en France est structuré en cinq tranches, avec un taux croissant en fonction des revenus. Voici un aperçu des tranches pour 2023 :
- 0% jusqu'à 11 294 euros
- 11% de 11 295 à 28 797 euros
- 30% de 28 798 à 82 341 euros
- 41% de 82 342 à 177 106 euros
- 45% au-delà de 177 106 euros
En cas de revenus annuels de 88 000 euros, la taxation varierait : 0% pour les premiers 11 294 euros, puis 11%, 30% et enfin 41% sur les revenus supérieurs à 82 342 euros. Pour 2025, le gouvernement envisage un gel partiel des tranches fiscales, ce qui pourrait entraîner une alourdissement fiscal pour certains contribuables dans les tranches à 41% et 45%. Les tranches à 0%, 11% et 30% pourraient être ajustées pour tenir compte de l'inflation, prévue autour de 2%. Cette mesure pourrait rapporter au minimum 4 milliards d'euros au budget de l'État.
Augmentation de la flat tax
La flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique (PFU), instaurée en 2018, cible les contribuables les plus aisés. Même si le taux maximum est fixé à 30%, ce chiffre pourrait passer à 33% selon plusieurs sources, permettant ainsi de récolter environ 1,5 milliard d'euros. Parallèlement, certains plaident pour soumettre à l'impôt sur le revenu les indépendants se rémunérant uniquement en dividendes, ce qui pourrait générer des revenus supplémentaires pour l'État.
Crédit d'impôt pour les services à la personne : une réforme à prévoir ?
Le crédit d'impôt pour les services à la personne est actuellement examiné, notamment après les critiques formulées par la Cour des Comptes. Ce dispositif, qui bénéficie à plus de 3 millions de contribuables et offre une réduction fiscale correspondant à 50% des dépenses, pourrait être modifié. Les principales recommandations portent sur une révision des taux et des plafonds, surtout pour les familles les plus aisées qui en profitent le plus. Une telle réforme pourrait cependant affecter près de 1,5 million de personnes employées majoritairement dans ce secteur, souvent des femmes, soulevant des préoccupations quant à leur précarité éventuelle.







