Les agriculteurs de Gironde sont de plus en plus inquiets face à la hausse spectaculaire des prix du carburant. Ce mardi 31 mars, les membres des Jeunes Agriculteurs de la région ont rencontré le préfet à Bordeaux pour évoquer un problème urgent : le prix du GNR (gazole non routier), indispensable pour le fonctionnement des exploitations.
Avec une hausse dépassant les 70 centimes par litre en seulement un mois, l'aide gouvernementale récemment annoncée ne compense en rien la réalité économique des agriculteurs. En effet, elle ne permet de réduire la facture que de 4 centimes par litre, une goutte d'eau face à la montée vertigineuse des coûts alors que la période de travail intensif du printemps s'approche.
Une exploitation sous pression
Sébastien Lassallette, agriculteur à Saint-Félix-de-Foncaude, surveille avec crainte le niveau de son réservoir. "Le GNR est essentiel pour faire fonctionner toute l'exploitation : tracteurs, équipement de transport de foin, salle de traite..." dit-il. Les prix sont désormais à 1.300 euros pour 1.000 litres, alors qu'ils étaient à moitié prix un mois auparavant.
"Je remplis ma cuve chaque semaine. Cela va me coûter 1.500 euros de plus que le mois dernier, une somme conséquente", souligne-t-il. Cette situation est d'autant plus alarmante que le prix du lait, source principale de revenus, a chuté de façon inquiétante. "Avec le coût supplémentaire du GNR et la baisse des prix du lait, je prévois des pertes d'environ 10.000 euros ce mois-ci", explique Sébastien.
Un avenir incertain
La situation ne cesse de se dégrader pour Sébastien, dont le troupeau avait déjà été décimé par la tuberculose bovine il y a quatre ans. "On ne peut pas continuer ainsi longtemps", lâche-t-il, tandis que sa femme, Audrey, partage son désespoir : "C'est insupportable, cela nous met en colère et nous nous sentons impuissants."
Le couple doit faire face à des dépenses de fonctionnement de plus en plus lourdes. Lors de cette période stratégique pour l'agriculture, les viticulteurs rencontrent également les mêmes difficultés. Jean-Christophe Icard, directeur du Château de l'Orangerie, explique : "Avec trois sites et quinze tracteurs, le coût du plein est colossal. On réduit au maximum nos consommations, espérant que la situation ne dure pas trop longtemps."
Les agriculteurs de Gironde ne sont pas seuls ; leur appel à l’aide résonne au sein de l'ensemble du secteur, qui voit ses marges de manœuvre s'éroder dangereusement face à la pression des prix. Des experts appellent à une réponse rapide et efficace pour éviter un effondrement de la filière agricole régionale, essentielle pour l'économie locale.







