La Chine a récemment promulgué une loi interdisant l'utilisation de logements résidentiels pour la conservation des cendres de proches disparus, une pratique qui s'est répandue face à la flambée des tarifs des concessions funéraires. L'interdiction est entrée en vigueur juste avant la fête de Qing Ming, célébrée le dimanche 5 avril, un moment dédié au nettoyage des tombes.

Ces pratiques avaient pris de l'ampleur dans un contexte de vieillissement de la population, combiné à une crise immobilière. Comme le souligne Courrier international, les appartements sont devenus plus attrayants que les cimetières pour honorer les dépouilles des êtres chers.

Les cimetières, déjà surpeuplés, offrent des concessions funéraires pour une durée relativement courte de vingt ans, tandis que les droits d'usufruit pour les logements peuvent s'étendre jusqu'à soixante-dix ans. Des appartements vacants ont donc été réaménagés en “sanctuaires des ancêtres”, ornés de bougies, de lanternes rouges et d'urnes, comme le rapporte The Guardian.

Honorer les morts tout en investissant

Des analystes, tels que Xinyi Wu, doctorante à l'université de Californie à Irvine, ont noté que pour certaines familles, ces logements représentaient également une opportunité d'investissement. Elles peuvent envisager de les revendre avec une plus-value à l'avenir, comme l'indique Financial Times.

En dépit des tabous culturels entourant la mort, certains jeunes locataires pourraient ne pas être inquiets d'habiter à côté d'un appartement funéraire. Wu ajoute que leur approche pragmatique leur permet d'économiser sur leur propre loyer.

“Ils se disent que s’ils peuvent payer un peu moins cher leur propre logement en vivant à côté d’un appartement funéraire, ce n’est pas tout à fait inacceptable, tant qu’ils n’y sont pas confrontés au quotidien.”

Toutefois, même si la loi empêche les agents immobiliers de promouvoir ouvertement ces “appartements pour cendres”, il est probable que les familles continuent à suivre cette coutume, selon la chercheuse.

Sur les réseaux sociaux comme Weibo, beaucoup partagent ce ressenti, se demandant “Qui va aller vérifier ?”, comme le souligne The Guardian.

Pékin prend également des initiatives pour favoriser des pratiques funéraires “écologiques”, telles que la dispersion des cendres en mer, une alternative qui gagne en popularité dans le pays.