Un procès hors norme : la loge Athanor au cœur d'un réseau criminel

Découvrez comment une loge maçonnique a basculé dans le crime organisé.
Un procès hors norme : la loge Athanor au cœur d'un réseau criminel
Vingt-deux prévenus comparaissent devant la cour d’assises de Paris à partir de lundi 30 mars 2026 pour avoir mené des activités criminelles lorsqu’ils appartenaient à une loge maçonnique baptisée Athanor.

Le procès entourant la loge maçonnique Athanor a débuté le 30 mars 2026 au sein de la cour d’assises de Paris. Au total, 22 individus se présentent à la barre, parmi lesquels des ex-agents des forces de l'ordre et des services de renseignement. Ce réseau criminel aurait proposé des services allant de l'intimidation à l'assassinat.

Cette affaire, qui a des airs de roman à suspense, dévoile un dossier pudique aux implications nébuleuses. Les 22 prévenus, âgés de 29 à 73 ans, étaient membres de la loge Athanor, qui faisait partie de la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française (GLAMF) avant sa dissolution en 2021.

Le terme "Athanor", qui fait référence à un four médiéval, évoque aussi la transformation intérieure que les francs-maçons croient possible au sein de leur loge. Cependant, ce lieu, censé être un refuge de réflexion, se serait révélé être le théâtre d'activités criminelles, selon les accusations.

Cette affaire prend une tournure délicate avec plusieurs accusés ayant des antécédents dans des milieux liés à la sécurité. Selon l'accusation, ces membres auraient mis leurs compétences au service d'opérations illégales, convaincus d'agir pour le bien de l'État, comme le rapportent plusieurs médias, dont Le Monde.

Tentative de meurtre

Les éclaircissements sur cette affaire émergent suite à un signalement à la police en juillet 2020. Un habitant de Créteil (Val-de-Marne) a remarqué un véhicule suspect, menant à l'intervention des forces de l'ordre qui ont découvert un revolver de calibre 9 mm dans la voiture.

Lors de leur garde à vue, deux des suspects, surnommés "Adélard" et "Dagomar", ont affirmé être en mission. Leur cible était une femme de 54 ans, prétendument liée au Mossad. En réalité, il s'agissait de Marie-Hélène Dini, présidente de l'Académie du coaching, et non d'une espionne. Des investigations ont révélé qu'un concurrent lui aurait commandé cette exécution pour la somme de 70 000 euros.

"On lui a fait croire qu’il agissait pour le compte de l’État, on lui a fait croire qu’il était en mission. Il a été manipulé de A à Z," a déclaré Me Marie-Alix Canu-Bernard, l'avocate de l'un des exécutants. Ce constat est particulièrement troublant puisque l'un des suspects travaillait à la DGSE, mais comme surveillant, sans jamais être impliqué dans des opérations secrètes.

En explorant plus en profondeur le réseau, les enquêteurs ont mis à jour une organisation bien structurée, opérant dans l'ombre d'un immeuble à Neuilly-sur-Seine. À sa tête se trouvait un ancien journaliste devenu chef d'une société de sécurité privée, accusé d’avoir mis en place un ensemble de services illégaux : intimidations, violences, incendies et même assassinats.

Démantèlement d'un réseau criminel

Le réseau, qui s'étend comme une toile d'araignée, relie divers intervenants : commanditaires, intermédiaires et exécutants. Les enquêteurs ont découvert de multiples projets motivés par des rivalités, des vengeances personnelles ou des problèmes financiers. Un exemple marquant inclut une demande d’assassinat formulée par une cheffe d'entreprise dans l'Ain contre un salarié gênant.

Au sein de ce réseau, Daniel B., un ancien agent des services de renseignement intérieur, est pointé du doigt pour son rôle dans diverses missions criminelles. Âgé de 72 ans, il est impliqué dans plusieurs actes, allant d'intimidations à des incendies de véhicules, et est également accusé d'avoir commis un assassinat en 2018, commandité par un couple en conflit financier avec la victime.

Les investigations comptabilisent au total 26 crimes et 86 délits. Les prévenus, issus de divers milieux professionnels, soulignent la complexité de ce dossier. Le procès doit se poursuivre jusqu'au 17 juillet, avec un verdict prévu après plus de trois mois d'audiences.

Lire aussi

Un procès hors norme : la loge Athanor au cœur d'un réseau criminel
Le procès de la loge maçonnique Athanor révèle un réseau criminel impliquant 22 prévenus, anciens agents des services de sécurité. Un récit captivant mêlant secrets et trahisons.
20h42
La Saint-Loise Gymnastique vise une nouvelle demi-finale au Top 12
La Saint-Loise Gymnastique s'apprête à affronter Avoine-Beaumont en demi-finale du Top 12.
19h49
Gagnez un Picasso pour 100 euros : La tombola caritative qui excite le public
Participez à la tombola « 1 Picasso pour 100 euros » et soutenez la recherche sur Alzheimer. Tentez votre chance dès maintenant.
16h32
La justice à l'épreuve de l'affaire Nahel : un regard nuancé
Analyse approfondie de l'affaire Nahel, ses enjeux judiciaires et son impact sur la police en France.
15h24
Échapper à la taxe touristique : conseils pratiques pour les cafés parisiens
Apprenez à déjouer les arnaques tarifaires dans les cafés parisiens. Conseils pratiques pour éviter la 'taxe touriste'.
14h30
La boutique solidaire qui défie les prix : des vêtements neufs à prix réduit
La boutique du Secours populaire à Charleville-Mézières offre des vêtements neufs à des prix défiant toute concurrence, tout en soutenant des actions de solidarité. Accessible à tous, c'est un modèle de générosité.
10h24