Le château de Foix se transforme en un véritable théâtre de la nature avec l'arrivée d'une famille de hiboux grand-duc fascinante. Ce rapace nocturne, qui suscite l'admiration des habitants, a élu domicile sur la face est du rocher du château, attirant les curieux depuis plusieurs semaines.
Marie Bouquerel, chargée de projet en animation nature à l’Ana-Conservatoire d’espaces naturels Ariège, raconte : « Le mâle, présent l’année dernière, est revenu à l’automne. Aujourd’hui, il y a un couple et trois petits, âgés de 5 à 6 semaines. C’est un moment exceptionnel, car il y a longtemps qu’on n’avait pas observé de nichées ici. Par ailleurs, une rue des Grands-Ducs menant au château témoigne de leur présence historique dans la région. »
Des sessions d’observation à la longue-vue
La femelle, sans doute échappée d’un environnement de captivité, est équipée de lanières en cuir aux pattes, et sa présence tranquille témoigne de son familiarité avec l'homme. « Nous pouvons manipuler le treuil du château sans qu'elle ne s'envole », indique Audrey Angevin, coordinatrice de la médiation au château, qui a même trouvé le mâle perché sur le rebord de sa fenêtre à plusieurs reprises. « Il chasse au château, ce qui réduit la population de pigeons. Il se pose souvent sur le trébuchet ou sur la terrasse, apportant une belle dynamique à cet espace. »
Avec l'appui de l’ANA-CEN, la Ville de Foix a lancé un ambitieux atlas de la biodiversité pour réaliser un inventaire des espèces naturelles sur trois ans. Dans le cadre de ce projet, des séances d’observation à la longue-vue sont organisées chaque mercredi, invitant les passionnés à découvrir ces fascinants oiseaux de près.
Le hibou grand-duc, le plus grand rapace nocturne au monde, peut atteindre une envergure impressionnante de 1,65 à 1,80 mètre. Les trois poussins qui s'apprêtent à prendre leur envol, généralement entre 7 et 8 semaines, sont en pleine forme et bien nourris. Cependant, c'est durant cette phase qu'ils commencent à explorer leur environnement et à tester leurs ailes.
« Cette semaine, l’un des poussins est tombé du nid. On ne connaît pas sa localisation exacte, mais les parents continuent de le nourrir. Étant donné que nous sommes proches d’un parking, nous prévoyons d'éduquer les visiteurs afin qu'ils ne les touchent pas et restent vigilants », avertit Marie. Elle souligne également sa collaboration avec l'Office français de la biodiversité pour mettre en place des mesures de protection pour ces jeunes oiseaux.







