À Nîmes, le quartier de Pissevin s'est retrouvé plongé dans l'obscurité pendant une période douloureuse de 14 heures, les nuits du lundi 16 au mardi 17 octobre. Deux des imposantes « Tours Messagers » ont été particulièrement touchées par cette coupure de courant. À l'heure où l'électricité a été rétablie, les inquiétudes demeurent sur la fiabilité du réseau. Cette situation n'est pas nouvelle, car l'une des tours avait déjà connu, au printemps dernier, une panne d'ascenseurs qui avait duré deux mois et demi.
Les conséquences de cette coupure n'ont pas tardé à se faire sentir. Radouane Gammoune, résident au 9ème étage, raconte : "C’est simple, la coupure a débuté à 18h et a duré jusqu’au lendemain 8h". Pour les habitants, la nécessité d’utiliser les ascenseurs est primordiale, d'autant plus que depuis le retour de l'électricité, un des ascenseurs est toujours hors service. Alain, âgé de 75 ans, se trouve contraint de descendre et monter à pied, une épreuve que lui vive quotidiennement "À 75 ans, ça devient de plus en plus difficile. Quand les mains sont chargées, cela vire au cauchemar".
Les familles qui rentraient des courses se sont également retrouvées dans une situation critique. Radouane témoigne : "Là, on a tout enlevé" en désignant son congélateur désormais vide. "Cela représente 50 à 60 euros. Et si on multiplie cela par le nombre d’appartements, cela fait un trou dans le budget de plusieurs foyers", constate-t-il, déplorant les conséquences financières. En tant que président de la Confédération nationale du logement du Gard (CNL 30), il appelle à un geste de dédommagement de la part des responsables, ajoutant : "Un remboursement des frais engendrés par cette coupure serait le moins qu’ils puissent faire".
Cette coupure de courant illustre des problèmes plus profonds que rencontrent les habitants de Pissevin. Selon un communiqué d'Habitat du Gard, la responsabilité de cette panne incombe à Enedis, le gestionnaire du réseau. Toutefois, cela ne constitue qu'une partie des difficultés. "Il y a aussi des problématiques liées à la connexion Internet ! Des véhicules ont brûlé près des installations en fibre optique, et cela fait déjà un an et demi que rien n'est fait", s'inquiète Alain. Pour lui, la lenteur des interventions est due à une forme de discrimination géographique : "On est considéré comme un quartier de seconde zone. Dans un autre secteur, cela serait traité différemment".







