La cour d’assises du Loir-et-Cher a prononcé, le 16 janvier, une peine de 15 ans de réclusion criminelle contre Marvin Joli, reconnu coupable de violences volontaires aggravées. Jugé pour une tentative de meurtre sur son ancienne compagne, Chloé P., son acte est d'une violence inouïe, qui l’a laissée avec des séquelles irréversibles.
Le tribunal a levé l’accusation de tentative de meurtre en raison d’un doute persistant sur l’intention criminelle de Joli, malgré la brutalité des coups. « En dépit de la violence et de la localisation des coups, un doute subsistait », a précisé la cour. L’avocate de la victime, cependant, a affirmé que l’intention de tuer ne faisait pas de doute, tant les blessures infligées étaient graves et délibérées.
Chloé P., maintenant âgée de 27 ans, souffre d'importantes séquelles, dont la perte d'un œil et des atteintes neurologiques survenues à la suite d'un coma de deux mois. « Elle est désormais marquée à vie », a souligné l'avocate générale, Stéphanie Clément-Bornet, qui avait requis une peine de 22 ans pour l'accusé, exprimant le besoin urgent de protection pour les victimes de tels actes.
Une victimisation avérée et l’ombre du doute
Lors du verdict, Chloé P. a semblé vivre un moment d’émotion intense, un contraste frappant avec son comportement durant le procès. La veille, elle avait été profondément troublée après avoir visionné des images de son visage dévasté par la violence de son agresseur. « C’est un miracle qu’elle ait survécu », a déclaré sa mère, souignant le choc et les dégâts irréversibles causés par cette agression.
Le conseil de Marvin Joli a tenté de relativiser les faits en demandant une requalification des événements, arguant que son client avait reconnu les violences, mais sans intention meurtrière. Cela a été perçu par les experts comme une culturation d’une impunité confortée par le manque de réponses adéquates à la question de la violence à l'égard des femmes en France. « Beaucoup de victimes de violence domestique ne reçoivent pas le soutien dont elles ont besoin avant qu'il ne soit trop tard », a déclaré un représentant d'une association de soutien aux victimes.
Ce procès met en lumière non seulement la gravité des violences conjugales, mais aussi la nécessité de renforcer les systèmes de soutien aux victimes. Comme le révèle une étude récente de l'Institut National des Hautes Etudes de Sécurité et de Justice, près d'un tiers des femmes victimes de violences ne portent jamais plainte, souvent par peur de représailles ou d'incompréhension. Dans ce contexte, la sévérité de la peine de Joli pourrait être perçue comme un message fort aux potentiels agresseurs et aux victimes qui hésitent à dénoncer, selon l'avis de plusieurs analystes judiciaires.







