Le constat est amer pour les cinémas limousins : en 2025, les salles obscures ont vu leur fréquentation diminuer de 13 %, selon le Centre national du cinéma et de l'image animée. Ce déclin est attribué à une offre cinématographique jugée peu attrayante et à des prix de billets de plus en plus élevés.
La fin de l'année 2025 a toutefois apporté un léger répit avec la sortie très attendue du troisième volet d'Avatar et du sequel de Zootopie. Bruno Penin, directeur des salles Grand Écran de Limoges, a noté que « certains spectateurs ont fait le déplacement deux fois durant les vacances de Noël, après plusieurs mois d'absence des salles ». Cependant, il souligne qu'il n'y a eu aucun film surprise qui aurait pu relancer l'engouement.
Les grands blockbusters, comme Jurassic World : Renaissance et un nouveau Superman, n'ont pas réussi à attirer le public. Penin s'interroge: « Nous touchons les limites de ce concept de franchises à rallonge. Il existe un besoin urgent de renouvellement des concepts et des récits. » De plus, les conséquences de la grève des acteurs à Hollywood, qui a duré près de six mois en 2023, sont encore ressenties, car les projets innovants tardent à voir le jour.
Crise de la comédie française
Les productions locales avaient l'occasion de compenser le manque de sorties américaines, mais la situation n'est pas meilleure. Mis à part Les Tuches, qui a généré près de trois millions d'entrées avec son film God Save the Tuches, d'autres comédies françaises prévues pour être populaires, comme Les Bodin's partent en vrille ou Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, n'ont pas dépassé le million d'entrées. Mike Dufaure, directeur adjoint du cinéma Méga CGR de Brive-la-Gaillarde, indique : « Nous assistons à une crise dans la comédie française. Avant, un bon casting et un bon scénario suffisaient, mais ce n'est plus le cas. »
Le Méga CGR a perdu près de 5 000 spectateurs entre 2024 et 2025. Les professionnels attribuent ce déclin à l’attractivité des films, mais les spectateurs évoquent d’autres facteurs. Baptiste, un Limougeaud de 31 ans, déclare : « Je vais de moins en moins au cinéma car c'est devenu cher, surtout à 12,50 euros la place. Maintenant, je ne sors que pour les gros films. » Marie, 86 ans, souligne la concurrence des plateformes de streaming : « Les gens ont plus de chaînes et préfèrent rester chez eux. Personnellement, j’aime sortir et voir des amis au cinéma. »
Des cinémas en difficulté
La baisse de l'audience a engendré des pertes financières pour plusieurs cinémas en Limousin. Bien que les dirigeants se montrent prudents sur les chiffres exacts, ils admettent avoir dû réduire leurs investissements. Bruno Penin explique : « Nous avons dû espacer le renouvellement de nos équipements, comme les projecteurs et les fauteuils, pour assurer la viabilité de nos opérations. » Mike Dufaure confirme que « l'inflation impacte aussi notre secteur. Pour rester compétitifs, nous devons améliorer nos offres, ce qui demande des investissements croissants.»
L'année 2026 pourrait toutefois redonner espoir aux professionnels du cinéma, avec l'arrivée de films comme Super Mario Galaxy, l'adaptation du Marsupilami par Philippe Lachaud, et un biopic sur Mickael Jackson prévu pour avril 2026, tous susceptibles d’attirer à nouveau le public vers les salles obscures.







