À partir de ce lundi, une grève massive mobilise les médecins généralistes et spécialistes à travers la France, proclamée par six syndicats. Le Dr Olivier Ferrand, installé à Marmagne dans le Cher, se joint à ce mouvement pour dénoncer l'impact des nouvelles mesures issues du projet de loi de finance de la Sécurité sociale.
Depuis son installation en 1999, le Dr Ferrand a observé une dégradation constante de ses conditions de travail, au point de le pousser à s'exprimer de manière dramatique : "Aujourd'hui, je fais de la merde. Je suis là pour soigner et on veut me transformer en administratif. Ça me fait mal au cœur d'exercer comme cela."
Les revendications des grévistes ne manquent pas, mais le Dr Ferrand souligne tout particulièrement la difficulté croissante à assurer un suivi adéquat de ses patients. "Les délais d’attente pour consulter un spécialiste sont devenus insupportables. Par exemple, pour une IRM, il faut attendre en moyenne huit semaines, et pour un ORL à Bourges, c'est jusqu'à neuf mois. Comment peut-on raisonnablement travailler dans ces conditions?" Cité par FranceInfo, le médecin insiste sur l'urgence de cette situation, qui conduit à des diagnostics tardifs et à un état de santé général dégradé pour de nombreuses personnes.
Avec une moyenne de seulement 18 minutes par consultation, le Dr Ferrand ne parvient plus à consacrer le temps nécessaire à ses patients. À cela s’ajoute la montagne de tâches administratives qui rendent son métier encore plus éprouvant : "Le dossier médical partagé, c'est vraiment problématique. On passe un temps fou à retrouver des documents et cela perturbe notre travail. C’est comme conduire une voiture aux roues carrées."
Bien que la grève soit effective, le Dr Ferrand continuera à accueillir les urgences, soulignant la nécessité de maintenir un niveau de soins essentiel malgré les protestations. Les acteurs de la santé appellent à une prise de conscience collective pour améliorer les conditions de travail et, par conséquent, la qualité des soins offerts à la population.
Alors que le débat continue de faire rage autour de la réforme de la Sécurité sociale, il est essentiel d'écouter le cri de détresse de ces professionnels, dont la vocation et le bien-être des patients sont au cœur de leur engagement.







