Deux jours après son arrestation spectaculaire par les forces américaines, l’ancien président vénézuélien, Nicolas Maduro, a comparu lundi devant un tribunal de New York. En affirmant son innocence face aux accusations principalement liées au trafic de drogue, il a également revendiqué le statut de "prisonnier de guerre".
"Je suis innocent", a déclaré l’ancien dirigeant de 63 ans, utilisant un traducteur lors de son audience au Southern District de Manhattan. Le juge Alvin Hellerstein a officiellement confirmé son inculpation pour plusieurs chefs d'accusation, y compris le narcoterrorisme.
Accompagné de son épouse, Cilia Flores, qui a également plaidé non coupable, Maduro a été vu entrant dans la salle d’audience avec un sourire, alors qu'il suivait les débats armé d'un casque d'écoute. Devant le juge, il a lancé : "Je suis le président du Venezuela et j'ai été kidnappé depuis le samedi 3 janvier". Toutefois, ses déclarations passionnées ont rapidement été interrompues par le magistrat, qui a semblé demander des confirmations d'identité plutôt qu'un débat politique.
Maduro, désormais incarcéré à Brooklyn, se retrouve dans un environnement carcéral souvent critiqué pour ses conditions de vie. La situation populaire le concernant reste divisée, comme l’illustre le soutien fervent de certains de ses partisans, rassemblés à quelques pas du tribunal. En revanche, des manifestants ont exprimé leur mécontentement, dénonçant l'arrestation d'un chef d'État par une puissance étrangère.
D'autres membres de l'élite politique vénézuélienne, y compris le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello et le fils de Maduro, sont également visés par des accusations similaires à celles de l’ancien président. Selon le bureau de la procureure générale, Maduro aurait longtemps dirigé un gouvernement structuré autour du trafic de drogue, se connectant à divers groupes armés pour acheminer des quantités massives de cocaïne vers les États-Unis.
Réagissant à cette opération, qui a été décrite comme une "intervention de police" par les autorités américaines, plusieurs pays, dont la France, ont exprimé leur préoccupation face à la légitimité de ces actions. Le président Emmanuel Macron a fermement critiqué la méthode employée par Washington, la qualifiant de non soutenue par des alliés.
À Caracas, la réponse officielle a été rapidement orchestrée, avec Delcy Rodriguez, nommée dirigeante par intérim, affichant sa volonté de coopérer sous l’égide d'une nécessité de relations équilibrées avec les États-Unis. Des avertissements ont été émis concernant les conséquences du fait de ne pas se conformer aux demandes américaines.
Alors que la scène mondiale est empreinte de tensions, les avis divergent quant à la légalité et la moralité de cette intervention américaine. Pour certain observateurs, cette affaire soulève des questions cruciales sur la souveraineté des États et l'ingérence étrangère dans les affaires nationales. Comme l’a souligné le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d'une réunion d'urgence, il est primordial de respecter l'indépendance politique des nations.







