Arlette Testyler, figure emblématique de l'Union des déportés d'Auschwitz et rescapée de la rafle du Vel d'Hiv, est décédée vendredi, laissant derrière elle un héritage précieux à l'âge de 93 ans, comme l'a annoncé la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Née en 1933 à Paris, elle a vu son père périr à Auschwitz. Arrêtée avec sa mère, Malka, et sa sœur, Madeleine, le 16 juillet 1942, elle a vécu l'horreur du Vélodrome d'Hiver avant d'être détenue au camp de transit de Beaune-la-Rolande. Grâce au courage d'une famille de Vendôme, Jeanne et Jean Philippeau, reconnue Justes parmi les Nations en 2025, les sœurs ont pu échapper à une fin tragique jusqu'à la Libération.
« Je veux appeler l'Histoire pour repousser l'ombre froide de l'oubli et de l'ignorance », avait déclaré Arlette Testyler lors de cette reconnaissance posthume. Sa conviction que « la mémoire est une ligne de résistance » reste plus que jamais d'actualité, notamment face à la résurgence des discours antisémites en Europe.
Présidente de l’Union des déportés d’Auschwitz depuis fin 2024, elle s'est engagée à transmettre son vécu dans les établissements scolaires, rappelant l'importance cruciale de l'éducation à la mémoire. « Après la perte de son mari Charles, nous perdons une voix essentielle de notre mémoire collective », déclare Ariel Goldman, président du Fonds social juif unifié (FSJU).
Donnant écho à sa mission, Goldman affirme qu'Arlette Testyler « a consacré son existence à raconter l’indicible, à faire entendre l'injustice subie par les siens ». La continuité de cet acte de mémoire est primordiale pour les générations futures, prônant l'exigence d'un souvenir partagé et vivant.







