Dans le cadre de la Semaine internationale des archives, la ville d'Orléans propose des visites pédestres qui dévoilent les lieux significatifs de conservation des archives municipales. Ces parcours sont une occasion rare de plonger dans l'histoire de la ville, s'étendant du Moyen Âge à nos jours.
Traditionnellement, les archivistes sont perçus comme des professionnels isolés, absorbés par le tri de documents. Pourtant, à Orléans, ils ne se contentent pas de rester derrière leurs bureaux. Ce début de semaine, trois visites guidées innovantes invitent les participants à suivre le fil des archives. "En suivant les dépôts d'archives, nous retraçons la construction administrative de la ville de son histoire médiévale jusqu'à maintenant", explique Christelle Bruant, la responsable des collections aux archives municipales.
90% des archives d'avant la Révolution ont brûlé
La première étape de ce parcours débute à l'hôtel des Créneaux, rue Sainte-Catherine, un site au riche passé. Rénovée au 15ème siècle, cette bâtisse a vu fleurir des efforts de conservation des archives, notamment concernant les titres de propriété. "Nous conservons d'anciens comptes de la ville allant jusqu'au 14ème siècle. C'est incroyable de réaliser qu'ils ont réussi à survivre jusqu'à présent", remarque Christelle Bruant.
La visite inclut également des arrêts à des endroits ayant accueilli ces dépôts, tels que l'hôtel Groslot et le Campo Santo. On fait même un détour devant l'ancien couvent des Minimes, qui abritait jusqu'à récemment les archives départementales du Loiret. "En 1920, nos fonds les plus anciens ont dû être transférés en raison de problèmes d'espace. Malheureusement, en 1940, un bombardement a détruit une grande partie de ces archives", précise Bruant. Les conséquences furent des plus dramatiques, avec 90% des documents antérieurs à la Révolution réduits en cendres.
Chaque année, 200 mètres de nouveaux documents sont versés aux archives
Actuellement, les archives municipales d'Orléans comptent 7 kilomètres de documents (2 km pour la métropole), mais moins d’1% d’entre eux sont numérisés. "Nous manquons d’espace malgré nos efforts de tri et les destructions règlementaires. Un projet visant à acquérir de nouvelles infrastructures est en cours, et c'est crucial pour notre avenir", souligne Bruant. Chaque année, 200 mètres de nouveaux documents, notamment des registres d'état civil et des délibérations du conseil municipal, viennent enrichir les archives, sans oublier des documents relatifs à des travaux en cours dans la ville, comme le chantier de la Porte Madeleine.
Une ultime visite de "sur les traces des archives d'Orléans" est prévue ce mardi 5 juin à 18 heures. Déjà complète, cette activité témoigne du succès rencontré par ces balades. Face à cet engouement, le service des archives envisage d'en planifier d'autres lors des Journées du Patrimoine en septembre.







