"On a gagné une petite bataille mais pas la guerre" souligne Sandrine, membre du collectif Sauvons Gavy. À Saint-Nazaire, le projet immobilier sur l'ancien site universitaire suscite des inquiétudes croissantes, tant parmi les riverains que les associations environnementales comme Nature Action et la Ligue de Protection des Oiseaux. L'édification de deux tours, dont une de 14 étages, totalisant 336 logements (30% sociaux), un hôtel et une terrasse panoramique, est jugée inacceptable par plusieurs acteurs locaux.
Le 27 mai dernier, la rapporteuse du tribunal administratif de Nantes a recommandé l'annulation du permis d'aménager, car les études d'impact environnementales n'ont pas été menées. Elle met en avant une démesure dans la densification urbaine. La décision définitive des juges est attendue pour fin juin. Pourtant, l'adjoint à l'urbanisme, Christophe Cotta, semble déterminé à poursuivre le projet : "Quoi qu'il arrive, ce n'est pas la fin du projet". D'ailleurs, la municipalité a voté pour remettre son foncier aux promoteurs en 2027, intensifiant ainsi le conflit. Les opposants restent mobilisés, illustrant leur résistance par une journée festive sur le site le 31 mai.
Une recherche d'équilibre entre progrès et écologie
Les promoteurs devront attendre la décision du tribunal pour savoir comment avancer. Selon Christophe Cotta, "il serait dramatique que ce projet échoue, surtout s'il permet de financer des logements sociaux accessibles en bordure de mer". Cependant, cette vision est critiquée par de nombreux militants. Gwenola, représentant Bretagne Vivante, insiste sur la hauteur déséquilibrée du projet, crapahutant l'harmonie du paysage local. Sylviane, du collectif Gavy, signale qu'une telle construction risque de semer d'autres projets similaires, transformant le littoral en “une aberration écologique".
Les tensions se nouent également autour des protecteurs du droit au logement. Cotta dénonce l’hypocrisie de certains qui protestent contre ce projet tout en prônant l'accès au logement pour tous, rappelant que les 30% de logements sociaux prévus nécessitent un équilibre économique.
Au milieu de cette lutte, les militants persistent, chantant : "Gavy ce n'est pas fini!". Le dénouement de cette saga promet d'être riche en rebondissements. Les décisions judiciaires de fin juin ne seront qu'une étape dans un débat qui ne fait que commencer.







