À l'approche de l'inauguration d'une statue d'ours à Arbas, en Haute-Garonne, les esprits s'échauffent au sein du milieu agricole. La Coordination rurale d'Occitanie a appelé à une mobilisation ce samedi 23 mai, qualifiant cet événement de "provocation" pour les éleveurs de la région, qui souffrent déjà de la cohabitation avec cet animal.
Cette initiative est orchestrée par l'association du Pays de l'Ours, en l'honneur du 30e anniversaire de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. Néanmoins, le communiqué de presse publié le 21 mai par les antennes de la Coordination rurale dans les départements de Haute-Garonne, Ariège et Aude exprime leur "colère" et leur "profonde incompréhension" envers une célébration perçue comme une provocation dans un village déjà engagé en faveur de la protection de l'ours.
Trente ans de tensions autour de la présence de l'ours
La cohabitation avec l'ours suscite des tensions depuis plus de trois décennies dans les Pyrénées. Les syndicats agricoles rapportent que les éleveurs alertent continuellement les autorités sur les difficultés rencontrées, telles que les attaques sur les troupeaux ou la fatigue liée à une surveillance incessante, évoquant un sentiment d'insécurité dans certaines zones montagnardes.
Dans les estives, certains bergers décrivent une pression devenue difficile à supporter au quotidien. La Coordination rurale souligne que les "moyens de protection" mis à leur disposition sont "inefficaces", ajoutant que la présence des ours est "toujours plus proche des villages", entraînant une "détresse psychologique et économique" pour les éleveurs.
Que demande la Coordination rurale ?
Les responsables syndicaux accusent également les pouvoirs publics d'ignorer les plaintes des habitants qui s'opposent à la réintroduction de l'ours. Selon eux, "la voix de la majorité des Pyrénéens est délibérément délaissée au profit d'une minorité idéologique, soutenue par des associations pro-ours largement financées par des fonds publics", selon les déclarations de Jean Dupuy, directeur de la Coordination rurale.
Face à ce que la Coordination rurale considère comme "un mépris persistant du monde rural", elle réclame l'"arrêt des projets de réintroduction" et une "voix réelle pour les éleveurs et habitants".
La mobilisation est fixée pour ce samedi 23 mai, avec un rassemblement prévu à partir de 9h30 à Arbas. Les éleveurs entendent faire entendre leur voix et exprimer leur mécontentement face à une situation qu'ils jugent intenable.







