Pour réduire l'impact sur les populations de fous de Bassan et de mouettes tridactyles, quatre palangriers ont expérimenté cet hiver un dispositif innovant : l'utilisation d'un cerf-volant pour effaroucher ces oiseaux. Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large visant à protéger la biodiversité marine.
Depuis décembre 2022, ces pêcheurs, opérant dans le secteur du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, ont testé ce nouvel outil de protection. Le bateau Out-Rage 3, basé à La Cotinière sur l’île d’Oléron, est l’un des acteurs de ce projet. Lors d'une sortie récente, un cerf-volant d'un mètre d'envergure a été traîné derrière le bateau pendant que les appâts étaient jetés à la mer. L'objectif principal est de dissuader les oiseaux de se blesser en s’attaquant aux appâts, ce qui risque d'entraîner leur mort.
Yohan Weiller, chargé de mission pêche au sein du parc marin, explique que l’objectif est de trouver des solutions simples et économiques pour réduire les captures accidentelles, tout en maintenant une pêche viable. Cette initiative est une partie d’un vaste programme, Life espèces marines mobiles, piloté par l’Office français de la biodiversité, qui vise à diminuer la mortalité de 23 espèces protégées dans les eaux françaises.
Analyse des données
Alors que la série de 300 sorties de pêche se termine, les chercheurs doivent maintenant analyser les données récoltées. Ces analyses permettront de comprendre l'efficacité du cerf-volant en fonction des paramètres environnementaux. Les premières observations indiquent que le cerf-volant peut réduire les incidents de captures accidentelles, notamment lorsque les lignes sont mises à l’eau la nuit.
“Éviter de perdre des appâts et protéger les oiseaux, c’est tout bénéfice,” déclare Sébastien Gas.
Des témoignages de pêcheurs indiquent que l’efficacité du dispositif varie selon les conditions météo et les types de proies. En temps calme, le cerf-volant a prouvé son efficacité, mais en temps de tempête, les oiseaux deviennent plus audacieux.
Bien qu'aucune des espèces ne soit menacée par l’activité de pêche elle-même, il est crucial de réduire toute pression supplémentaire, notamment à cause des répercussions de la grippe aviaire sur ces populations, selon Yohan Weiller.
Bandelettes d’effarouchement
L’hiver prochain, le projet inclura l’expérimentation de bandelettes d’effarouchement, qui prendront la forme de guirlandes avec des éléments plastifiés au-dessus des lignes de pêche. Émilie Roche, du Comité des pêches de Charente-Maritime, souligne l'importance de diversifier les dispositifs testés pour maximiser leur efficacité.
Si ces efforts portent leurs fruits, cela pourrait avoir un impact majeur sur la préservation des oiseaux marins et le maintien de pratiques de pêche durables. La recherche continue pour protéger la biodiversité tout en soutenant les pêcheurs locaux.







