À partir de 2027, la taxe sur les logements vacants à Paris sera considérablement augmentée, passant de 17 % à 30 %. Cette initiative du nouveau maire, Emmanuel Grégoire, promet de piquer l'intérêt des propriétaires, certains s'inquiétant déjà d'un effondrement éventuel du marché immobilier.
« C'est le moment de vendre », affirment des propriétaires sur les réseaux sociaux, anticipant une chute des prix immobiliers. Malgré ces craintes, de nombreux experts s'accordent à dire que la hausse fiscale destinée à remettre des logements vacants sur le marché n'aura pas l'effet escompté sur les prix. Laëtitia Caron, directrice de PAP.fr, souligne : « Même si la municipalité arrivait à réintégrer 80 000 logements, la demande reste si forte que cela ne suffira pas à influer sur les tarifs. »
Conséquences sur le marché locatif
Les spécialistes s’accordent à dire qu'une baisse des loyers est pratiquement improbable à court ou moyen terme. La demande excédentaire dans la capitale, avec environ 2 000 demandes pour un simple studio, rend cette option peu réaliste. Christian Demerson, président de l’association 35 millions de petits propriétaires, renchérit : « Les propriétaires continuent de chercher des moyens de rentabiliser leurs biens, malgré le plafond des loyers qui complique cette quête. »
La dynamique des transactions immobilières
La situation est différente sur le marché des transactions. Si certains propriétaires envisagent de vendre, selon Laëtitia Caron, peu d'entre eux passeront à l'acte, gardant souvent leurs biens comme héritage potentiel pour leurs enfants. « Beaucoup de ces propriétés vacantes appartiennent à des Parisiens qui ont quitté la ville. Ils souhaitent conserver un patrimoine pour leur descendance, même si les prix ont chuté de près de 10 % ces dernières années », souligne-t-elle.
Malgré le stress de la situation, des propriétaires espèrent également une reprise du marché avant de se décider. Christian Demerson alerte toutefois sur le fait que l'augmentation de la taxe pourrait contraindre certains à vendre à des prix réduits, particulièrement ceux incapables de payer les nouveaux impôts.
Une hypothèse de spéculation
Les experts affirment que la majoration de la taxe additionnelle pourrait également favoriser l'accès des courtiers immobiliers aux biens à vendre. « Les courtiers ou la ville de Paris pourraient en profiter pour acquérir des propriétés à bas prix, aggravant la spéculation sur des loyer déjà élevés », note Demerson. Pierre Madec, économiste à l’OFCE, complète : « Les propriétaires ne perdent pas d'argent en réalité. Leur bien a pris de la valeur sur le long terme, mais la question de la rentabilité immédiate se pose dans un contexte de contrôle des loyers. »
Les résidences secondaires en ligne de mire
En outre, la mairie prévoit d'attaquer la question des résidences secondaires, représentant 40 % des propriétés détenues par des Parisiens. Jacques Baudrier, adjoint au logement, affirme : « L’objectif de cette taxe n’est pas de faire payer, mais de réaligner le marché. En remettant ces logements en circulation, nous éviterons une flambée des prix. »
Pour une réelle baisse des tarifs, Pierre Madec insiste sur la nécessité de mobiliser divers leviers. Que ce soit la taxation des logements vacants, l'encadrement des loyers ou la régulation des locations touristiques, chaque mesure comptera pour rétablir un équilibre sur le marché immobilier parisien.







