La chasse aux renards permet-elle réellement de réduire les attaques sur les volailles ? Cette question trouve écho dans une récente étude publiée dans la revue Biological Conservation, qui remet en cause l'efficacité de cette approche de régulation des nuisibles. Réalisée dans le Doubs, l'étude démontre que les coûts liés à la chasse dépassent souvent les dommages causés par ces animaux, sans réduire leur population.
Selon l'étude, environ 82 % des intrusions de renards dans les poulaillers seraient liées à des facteurs humains, tels qu'une faible protection des enclos et des volailles laissées en liberté. Les chercheurs préconisent donc une amélioration des mesures de protection comme solution plus efficace que la chasse.
Une réalité différente
Mais ce constat ne fait pas l'unanimité dans le Lot-et-Garonne, où des acteurs locaux offrent un point de vue nuancé. Pascal Marotte, président de l’association départementale des piégeurs agréés, souligne : « Pour comprendre la nature, il faut y vivre ». Avec près de 1 300 membres, son organisation est chargée de réguler diverses espèces à la demande des collectivités et agriculteurs. Selon lui, les renards jouent un rôle écologique en contrôlant les populations de rongeurs, mais deviennent problématiques lorsqu'ils manquent de nourriture.
Durant la crise du Covid-19, la réduction des activités de piégeage aurait permis une explosion de la population des renards dans la région, entraînant une recrudescence des dégâts dans les poulaillers, avec 1 639 captures enregistrées en 2021-2022, et 1 398 en 2023-2024.
Pénurie de données
Malgré ces chiffres, l'absence de données précises complique l'analyse de l’impact de la régulation sur la population de renards. Marotte insiste également sur le fait que de nombreux agriculteurs et particuliers ne signalent pas toujours les attaques de renards, rendant difficile l'estimation des dégâts.
La question de la gestion du renard s'inscrit dans un débat plus large concernant la liste des espèces susceptibles de causer des dommages (ESOD), révisée tous les trois ans. La prochaine mise à jour est attendue pour l’été 2026, mais d’ici là, le dialogue entre scientifiques et acteurs locaux reste crucial. Les efforts de régulation pourraient ainsi mieux refléter les réalités écologiques locales, rendant la gestion des renards non seulement nécessaire, mais également équilibrée.







