En cette fin d’après-midi, environ 90 personnes se sont réunies devant la préfecture du Cher pour exprimer leur mécontentement à l'égard du projet de carte scolaire. Ce rassemblement fait suite à la réunion du Conseil départemental de l'éducation nationale, où il a été décidé que 11 postes seraient supprimés en réponse à une baisse de 320 élèves. Une décision qui suscite de vives inquiétudes parmi les familles et les élus locaux.
Les manifestants, comprenant parents d'élèves et maires, affirment que cette décision est injuste, notamment pour les écoles rurales. William Pinon, un parent d’élève de Jussy-Champagne, déclare : "L'année dernière, nous avions déjà évité la fermeture d'une classe. Il est inacceptable de perdre une classe pour seulement trois élèves de moins. Avec le mouvement à la base, nous pourrions voir arriver de nouveaux élèves et renverser la situation."
Parmi les participants, Sabine Schmitt, conseillère municipale et mère d’une élève en CP, a insisté sur l'importance de l'attention portée aux écoles rurales : "Les défis ne se trouvent pas uniquement dans les zones urbaines prioritaires. La fermeture d'une classe unique rendra les activités scolaires, comme les voyages ou les sorties piscine, presque impossibles. Tout repose sur un seul enseignant dans ces conditions."
À Bourges, l'école Maryse Bastié se prépare à une transformation radicale de ses effectifs, perdant potentiellement 13 élèves et une classe. Magalie Ferré, mère d'un élève, met en lumière des facteurs en faveur de la pérennité des classes : "De nouveaux logements vont voir le jour près de l’école, ce qui pourrait amener de nouveaux élèves. Nous sommes préoccupés par l'impact sur les classes qui, de fait, pourraient dépasser 25 élèves par section, rendant l'enseignement encore plus complexe, particulièrement avec des élèves en difficulté."
Kevin Dupleix, co-secrétaire du SNUIPP FSU, a condamné cette situation, soulignant le manque de soutien aux élèves de ces territoires : "Les fermetures de postes sont directement liées aux choix budgétaires du gouvernement. De nombreuses voix s'élèvent à Paris, mais ce sont les écoles locales qui en subissent les conséquences. Nous continuerons à défendre l'éducation dans le Cher."
Le gouvernement, de son côté, rappelle que sans des mesures d'ajustement budgétaires, la situation aurait pu être encore plus grave avec la suppression de près de 1800 postes dans tout le pays. Une situation délicate qui nécessite une attention particulière à l'échelle locale, surtout dans des zones comme le Cher.







