Les données révélatrices de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) du Cher indiquent une augmentation des arrêts maladie de 3,64 % l'année dernière, avec des paiements totalisant plus de 76 millions d'euros aux assurés sociaux. Cette tendance s’inscrit dans un contexte national où les arrêts de travail poursuivent leur progression en 2025. Les facteurs explicatifs incluent un vieillissement de la population active, mais une évolution préoccupante est l'augmentation des arrêts maladie chez les jeunes travailleurs.
Selon Stéphane Buchou, directeur de la CPAM du Cher, "les travailleurs vieillissants sont plus exposés aux maladies chroniques, mais les jeunes sont de plus en plus touchés, en particulier par des pathologies liées à la santé mentale. La relation au travail a changé pour cette génération, soulignant la nécessité d'adresser des enjeux de bien-être mental au travail." La fraude aux arrêts maladie est également un enjeu crucial, nécessitant des contrôles renforcés et des sanctions en cas d’abus. "Le digital a transformé le paysage de la fraude, et il est essentiel de mettre en place des actions numériques adaptées pour lutter contre les abus," ajoute Buchou.
Pour lutter contre la fraude, un nouveau formulaire Cerfa sécurisé a été introduit, visant à limiter l’utilisation de faux arrêts de travail. La CPAM encourage par ailleurs les médecins à recourir à des outils de prescription dématérialisée, favorisant ainsi la transparence et la sécurité.
Un autre sujet préoccupant est la participation au dépistage des cancers. Actuellement, seulement 36 % des personnes ciblées participent au dépistage du cancer du côlon, une situation qui se retrouve également au niveau national.
Amandine Frémont, responsable du service prévention Prado, explique : "Nous avons élargi la distribution des kits de dépistage aux pharmaciens et aux infirmières, et des améliorations sont prévues pour intégrer les sages-femmes." Les résultats concernant le cancer du sein sont également inquiétants, avec un taux de participation de seulement 57 %, des chiffres qui s’expliquent en grande partie par une pénurie de radiologues et des délais d'attente devenus inacceptables, allant jusqu'à six mois.
En revanche, le dépistage du cancer du col de l’utérus s’en sort mieux, avec 73 % de participation, mais reste en dessous des standards souhaités.
Il est indéniable que des actions concertées au niveau local et national sont nécessaires pour adresser ces défis de santé publique et améliorer la situation des travailleurs dans le Cher.







