Lors de son passage dans le Journal de 20 Heures, le 23 mars, Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à la présidentielle, a souligné l'importance d'unir la droite et ses alliés autour d'une candidature unique. Il a fait valoir qu'un projet fort serait primordial pour réussir en 2027.
Visionnez l'intégralité de l'interview pour découvrir son analyse et ses propositions.
Léa Salamé : Qu'avez-vous pensé de la récente disparution de Lionel Jospin ?
Bruno Retailleau : C'était un homme de conviction. J'ai toujours pensé que sur le plan politique, les convictions sont essentielles. Bien que j'aie souvent été en désaccord avec ses idées, je respecte son attitude envers ses adversaires. Il a su dénoncer le sectarisme, et c'est ce qui le rendait admirable.
Aux dernières municipales, vous avez gagné dans plusieurs bastions de la gauche. Comment expliquez-vous votre perte à Paris ?
La situation à Paris était complexe. Les résultats reflètent une sociologie différente et une forte adhésion aux candidats en place. Ensuite, la décision de Pierre-Yves Bournazel de fusionner a sans doute pesé sur nos résultats.
Est-ce donc la responsabilité de Bournazel ?
Pas uniquement. Nos défis à Paris sont multiples. En revanche, nos victoires dans d'autres métropoles, comme Lyon et Marseille, illustrent notre capacité à rassembler et à convaincre.
Lors des élections à Nice, votre ambivalence de soutenir Christian Estrosi a-t-elle joué contre lui ?
Pas du tout. J'ai agi avec sincérité, et il est essentiel de respecter les accords de coalition. Les appels aux votes de gauche sont pour moi inacceptables.
Avez-vous félicité le succès d'Éric Ciotti, qui a clairement aligné sa campagne avec le Rassemblement national ?
Absolument pas. J’ai toujours défendu un projet clair qui n'inclut pas le recours à des tactics floues ou peu claires, comme celles qu'il a utilisées.
Laurent Wauquiez suggère de rassembler toutes les branches de la droite en 2027. Partagez-vous cette vision ?
Les récentes élections montrent que la droite peut encore gagner. Pour cela, une véritable unité autour d'un seul candidat et d'un projet solide est indispensable. Plusieurs voix, comme celle de Gérald Darmanin, prônent l'union, mais une telle démarche ne doit pas se traduire par une dilution de nos valeurs fondamentales.
Seriez-vous candidat à une primaire ouverte ?
Je suis déterminé à présenter ma candidature à la présidentielle. Je désire porter un projet clair qui favorise un retour à la croissance et à l’ordre, répondant aux préoccupations des Français.
Édouard Philippe, avec sa récente victoire, se positionne-t-il en leader ?
Je respecte sa victoire, cependant je reste convaincu que le plus important reste le projet qui doit nous rassembler.
Pour sortir la France de ses difficultés, notamment en matière de pouvoir d'achat, il faut offrir des solutions concrètes. Par exemple, instaurer des motivations à travailler plus et réformer notre politique migratoire afin de contrer le communautarisme, qui est aux sources des problèmes actuels.
Ce défi, je le prendrais à cœur dans ma campagne, car la France nécessite aujourd'hui un véritable changement de cap pour renouer avec ses ambitions.







