Le laboratoire politique de "l'union des droites" a tranché à Nice : Éric Ciotti, ancien leader des Républicains, a réussi à faire tomber les barrières avec le Rassemblement National (RN), suscitant ainsi un débat vibrant sur la possibilité d'une alliance entre l'extrême droite et son ancienne formation, qui la rejette pourtant fermement.
Moqué et critiqué par les Républicains il y a deux ans pour son rapprochement avec le RN, Ciotti a réussi à détrôner Christian Estrosi, son rival au sein de la mairie de Nice, illustrant une dynamique qui a échappé à LR et RN dans d'autres grandes villes comme Paris, Lyon, ou Marseille. Cette victoire est perçue par son entourage comme une validation de la stratégie d'agglomération des voix de droite en prévision des élections de 2024, alors que Ciotti s'est éloigné de LR pour fonder l'Union des droites pour la République (UDR).
Dans ce contexte, la confusion règne au sein des Républicains, nombre de ses membres ayant choisi de rejoindre Ciotti, à l'instar du président du département des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginesy, ou de l'eurodéputé Christophe Gomart. Le rejet de leur ancien leader par Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy, qui n'ont pas soutenu Estrosi, accentue cette incertitude.
Ciotti, cependant, ne se limite pas à Nice. Il attribue à l'UDR des succès dans des villes comme Vierzon et Montauban, ainsi qu'une victoire notoire en Haute-Savoie. À peine élu, il a déclaré que l'objectif de l'UDR est de supplanter LR, que certains présentent désormais comme "une succursale d'Emmanuel Macron" à cause des ministres du parti engagés dans le gouvernement.
Cette dynamique pose une problématique pour les Républicains, qui caractérisent l'UDR comme une "tenue de camouflage". Certains au sein du parti relativisent l'impact de cette victoire. "Il y a eu une progression du RN aux municipales, mais cela ne signifie pas pour autant que l'UDR a fait des avancées significatives", affirme une source parlementaire, insistant sur le fait que le succès de Ciotti est davantage un exploit personnel plutôt qu'une tendance générale.
Malgré la main tendue par Jordan Bardella au cours de l'entre-deux-tours, la droite oppose des victoires locales, mettant en avant sa capacité à attirer des électeurs du RN pour contrer la gauche, comme cela a été le cas à Clermont-Ferrand ou Limoges. Cela renforce la position de Bruno Retailleau, en route pour l'Élysée, mêlant ambition à une approche résolument droitière, bien que cela ne fasse pas consensus au sein de LR.
Les leaders de LR envisagent une primaire ouverte pour désigner un candidat qui défierait le RN au second tour de la présidentielle, un point soutenu par Valérie Pécresse, Michel Barnier et Laurent Wauquiez. Cela rejoint le souhait de David Lisnard, maire de Cannes, qui a été réélu avec 81 % des voix et qui a exhorté Ciotti à abandonner son alliance avec le RN pour se rapprocher d'une droite indépendante.







