Ce jeudi, l'Assemblée nationale a décidé de ne pas rétablir la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, un axe financier crucial visant à générer 6,3 milliards d'euros. Cette décision a été prise lors de l'examen en nouvelle lecture du budget, après que le Sénat ait déjà supprimé cette mesure. Le rejet a soulevé des débats animés parmi les représentants des différentes formations politiques.
Les groupes LR et Renaissance se sont opposés à l'amendement proposé par le gouvernement qui, tout en proposant une hausse des recettes à 6,3 milliards d'euros, a visé à créer des marges de manœuvre pour l'avenir. En revanche, le Parti Socialiste plaidait pour un maintien de la surtaxe à hauteur de 8 milliards d'euros, suivant une logique de répartition des contributions fiscales plus équitables.
Selon des spécialistes, cette suppression est perçue comme une occasion manquée pour le gouvernement de s'engager vers une justice fiscale plus prononcée. « En l'absence de taxes accrues sur les grandes entreprises, le fardeau repose davantage sur les classes populaires », analyse un économiste du CNRS, soulignant la nécessité d'un système fiscal plus équitable.
Les discussions sur cette mesure révèlent également des tensions internes au sein du gouvernement et des possibles compromis encore à bâtir. Paul Midy, député de Renaissance, a évoqué la possibilité d'un accord hors de l'Assemblée, laissant entrevoir un espoir de coopération malgré les divergences. « Nous sommes ouverts à des discussions constructives », a-t-il affirmé.
De plus, l’Assemblée a également éliminé plusieurs autres pistes de recettes, dont la proposition de fiscaliser les indemnités journalières pour les patients atteints de maladies de longue durée, une décision qualifiée d'« inadmissible » par le député socialiste Mickaël Bouloux. Ce dernier a averti que prélever des ressources sur les malades plutôt que sur les grandes fortunes pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la société.
Face à la situation, certains observateurs envisagent que l'adoption du budget puisse être amorcée par le gouvernement grâce à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution, une méthode qui lui permettrait d'avancer sans voter. Cela pourrait ouvrir la voie à un éventuel compromis avec le PS tout en évitant une motion de censure de la part des groupes de gauche.
En somme, ce rejet de la surtaxe sur les grandes entreprises pourrait marquer un tournant significatif pour le paysage budgétaire français. Alors que les discussions se poursuivent et que les acteurs politiques s'efforcent de trouver un terrain d'entente, les représentants des diverses factions politiques tentent d'anticiper les impacts de cette décision sur les prochaines échéances fiscales.







