En ce premier jour du procès en appel concernant l’affaire des assistants au Parlement européen, Marine Le Pen semble déployer une approche plus conciliatrice. Bien qu'elle ait exprimé que, selon elle, elle n’a pas commis de délit, le sort de sa candidature à la présidentielle de 2027 se trouve désormais entre les mains de trois juges.
C’est une situation inédite : une élection présidentielle pourrait ne pas se jouer dans l'urne mais au tribunal. La Cour d’Appel a un pouvoir décisif qui pourrait anéantir son rêve de présidence.
En théorie, ces juges pourraient réduire l'inéligibilité de cinq à deux ans, mais cette décision reste incertaine. Les experts s'interrogent sur la volonté de ces magistrats de naviguer dans ces eaux troubles sans paraître s’opposer à l’opinion publique.
Marine Le Pen, que beaucoup considèrent comme la candidate favorite, se retrouve confrontée à un scenario où, pour des pratiques que de nombreux partis politiques reconnaissent avoir elles-mêmes adoptées, elle pourrait être laissée sur le côté de la route. La complexité de la situation réside dans le fait que le délit dont elle est accusée n'est pas isolé : d'autres, comme François Bayrou, ont bénéficié d'une clémence judiciaire.
À l’origine, l’inéligibilité automatique en cas de délit d’atteinte à la probité a été mise en place par une législation votée par les politiciens, souvent pour apaiser un électorat exigeant. Selon le site Le Monde, cette loi, mal perçue par de nombreux acteurs politiques, risque de dissuader un bon nombre de candidats à l’élection.
Des principales figures de la politique, organisateurs de campagnes et experts juridiques, soulignent que l'inéligibilité porte atteinte à la démocratie même, car ce sont les électeurs qui doivent avoir l'ultime décision concernant leurs dirigeants. D'anciens maires reconnus coupables mais réélus par leurs concitoyens illustrent ce fait : les Français font souvent preuve de nuances dans leurs choix, préférant des dirigeants expérimentés et imparfaits à une justice qui pourrait être perçue comme arbitraire.
Dans la foulée de ces événements, la question demeure : qui devrait véritablement décider du destin politique de Marine Le Pen, sinon le suffrage des électeurs ? Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes, non seulement pour l'avenir politique de l'ancienne candidate présidentielle, mais aussi pour l’équilibre des pouvoirs en France.







