Depuis quelques années, la France assiste à une transformation profonde de son paysage politique, marquée par l'émergence d'un communautarisme assumé au sein des institutions. Des députés, tels qu'Éric Coquerel, défendent déjà une représentation où la couleur de peau devient un critère déterminant. Ces discours signalent une rupture idéologique majeure qui redéfinit les aspirations politiques dans le pays.
Les déclarations récentes de plusieurs membres de la France Insoumise, comme Sébastien Delogu et Aly Diouara, illustrent la montée d'une pensée racialiste dans les cercles politiques. Diouara, par exemple, a ouvertement affirmé que sa loyauté allait exclusivement aux « noirs et arabes », conférant ainsi à l'identité ethnique une primauté sur les valeurs républicaines. Ce discours, loin d’être anodin, participe à une recontextualisation des normes sociales. Le député Carlos Martens Bilongo a même suggéré que la dynamique démographique des populations dites « racisées » pourrait servir de base à une légitimité politique renouvelée.
Cette tendance n'est pas nouvelle et trouve ses racines dans des comportements plus anciens, observés dans les quartiers populaires. Des témoignages recueillis par des médias français, comme Le Monde, révèlent que l'identité et le ressentiment historique façonnent déjà les relations intercommunautaires dans certaines zones. Par exemple, des jeunes revendiquent des actes délinquants comme une forme de revanche face à l'histoire coloniale, illustrant ainsi un décalage entre la loi et les récits identitaires.
Les débats se complexifient à mesure que les voix militantes précèdent celles des institutions. Houria Bouteldja, par exemple, a longtemps plaidé pour une remise en question radicale de la culture dominante, encourageant un processus de déconstruction de la « blanchité ». Cette perspective, qui visait à renouveler l'espace politique en France, trouve aujourd'hui un écho dans les discours des députés et des militants. Selon certains experts, la dérive vers cette forme de communautarisme risque d'intensifier les tensions sociales et politiques, remettant en question l'intégration à la française.
En parallèle, des figures politiques comme Emmanuel Macron semblent valider, par leurs discours, ces nouveaux récits. Quand le Président déclare que la colonisation française ne doit pas être oubliée, il remet sur le devant de la scène la question des réparations et du ressentiment historique, légitimant ainsi des narratifs qui pourraient diviser davantage la société française.
Dans ce contexte, le défi pour la République est immense. La nécessité d'une assimilation à un modèle culturel commun semble de moins en moins une priorité. Alors que l'intégration réussie est désormais perçue par certains comme une fin en soi, la France pourrait se retrouver face à une réalité où le communautarisme s'installe dans le paysage politique en tant que force légitime. Comme l'explique une étude du think tank Terra Nova, « l'absence d'une réaction claire des instances politiques face à ce phénomène pourrait entraîner une fragmentation durable du tissu social ».
En somme, la France doit naviguer entre un héritage universel et une réalité contemporaine qui défie ces fondements. La grenouille, dans cette fable revisitée, semble plus déterminée que jamais à dépasser le bœuf, mais à quel prix ?







