Alors que plusieurs maires font face à des poursuites judiciaires pour avoir refusé de célébrer des mariages impliquant des ressortissants étrangers placés sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), le parti d'Éric Ciotti renoue avec sa proposition de loi. Celle-ci vise à interdire les unions entre ressortissants français et ceux en situation irrégulière.
L’UDR a su tirer les leçons de son échec. Un an après sa première tentative pour interdire ces mariages, le parti d’Éric Ciotti s’apprête à défendre à nouveau son texte lors de sa niche parlementaire prévue le 25 juin prochain. En tête de gondole, cette proposition pourrait bien provoquer des débats enflammés au sein de l'Assemblée nationale. Ciotti a exprimé sur X son souhait de voir le gouvernement soutenir son initiative et a appelé les membres de LR à voter en faveur du texte. « La deuxième fois sera-t-elle la bonne ? »
En effet, lors de la précédente tentative, en juin dernier, l'opinion publique semblait largement favorable à cette mesure, comme l'indiquait un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, montrant que 73 % des Français étaient en accord avec l'interdiction de ces mariages. L'élu avait alors critiqué ses collègues en déclarant: « Ce soir les masques tombent ! Les LR ont déserté les rangs, l’extrême gauche joue l'obstruction. » Il avait aussi reproché à Emmanuel Macron de ne pas avoir respecté sa promesse de soutien.
Le précédent Robert Ménard
Ce retour sur le devant de la scène législative intervient alors que plusieurs maires font face à des conséquences juridiques suite à leurs refus d'unir des personnes sous OQTF. Par exemple, l’ancien maire de Chessy, Olivier Bourjot (DVD), pourrait être condamné à verser jusqu'à 15 500 euros pour avoir refusé de publier les bans d’un mariage impliquant un ressortissant algérien ayant une mesure d'expulsion. Ce climat de tension s'accentue avec l'affaire de Robert Ménard, qui fait actuellement l'objet d'une procédure judiciaire pour avoir refusé un mariage, soupçonnant un potentiel « mariage blanc ». Ce dernier doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 30 septembre 2026. L’enjeu des mariages et de la régularité du séjour des étrangers soulève des questions complexes, tant sur le plan juridique que sur celui de l'éthique sociale en France.







