Au terme de son audition devant la cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu'il n'existe aucune preuve d'un financement libyen pour sa campagne présidentielle de 2007. « Quatorze ans après, il n'y a pas un virement, pas un centime qui a pu être tracé directement ou indirectement avec ma campagne », a-t-il déclaré. Les propos de l'ancien président étaient réitérés en réponse aux éléments comptables récemment présentés par ses avocats.
Durant son témoignage, Sarkozy a évoqué une clé USB remise par l'ancienne épouse de Ziad Takieddine, un homme d'affaires lié au dossier du financement libyen. Le contenu de cette clé, selon la défense, prouverait que sur un montant de 9,2 millions d'euros reçu par Takieddine, près de 3,8 millions auraient été affectés à des dépenses d'un autre individu impliqué, Mohammed Senoussi, avec des fonds détournés des services secrets libyens.
« Retrouver (son) honneur »
Sarkozy a insisté sur le fait que « la question centrale c’est de savoir s’il y a la moindre trace du financement de ma campagne ». Loin de se laisser abattre, il a demandé ce qu'il devait fournir de plus pour prouver l'absence d'argent lié à sa candidature.
Les avocats des parties civiles devraient plaider dans les jours à venir, suivis des réquisitions des avocats généraux, et le verdict final est attendu pour le 27 mai. Ce procès, qui s'inscrit dans les lourdes charges auxquelles Sarkozy fait face, marquera-t-il un tournant dans son parcours ? Les observateurs, dont le sociologue politique Jean-Pierre Chauffour, notent que ce dossier pourrait déterminer la suite de sa carrière politique.
À l'avenir, la transparence et l'intégrité des campagnes politiques sont plus que jamais des sujets de débat, et ce procès pourrait bien redéfinir les standards de la politique française.







