Le député de la Somme, François Ruffin, a officiellement démarre sa campagne présidentielle, samedi dernier à Lyon, en plaçant le travail au cœur de sa réflexion. Déterminé, il a affirmé qu’il se porterait candidat, que la primaire ait lieu ou non.
Alors que la primaire de la gauche semble stagner, Ruffin prend de l'avance. Lors d'un meeting innovant, il a présenté son discours sous une forme d'entretien d'embauche humoristique : « République cherche président, CDD de cinq ans, logé, nourri, blanchi, salaire à déterminer », a-t-il plaisanté devant plus de 2 000 participants.
Dans son discours, il a mis en avant les « 100 000 signatures » de soutien à sa candidature recueillies en moins de quinze jours, tout en critiquant les « congrès arrangés ». Bien qu’il n’ait pas abordé la question de la primaire de la gauche, Ruffin a réitéré sa position en déclarant, lors d’un rassemblement à Poitiers : « Primaire ou pas, j’irai de toute façon ».
Ce jour-là, il a détaillé sa vision centrée sur le travail. « Nous sommes travaillistes. Si nous sommes réunis ici aujourd’hui, c’est grâce au travail de nombreux organisateurs », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour une revalorisation du Smic à 1 700 euros, actuellement fixé à 1 443 euros net, ainsi que pour une indexation des salaires sur l'inflation.
« Instituons un principe simple, broyeur-payeur »
Ruffin a pris des accents protectionnistes, soulignant la nécessité d'une base productive : « Nous devons nous protéger. Une taxe aux frontières s'impose ». Cela viserait « 100 produits identifiés » dans des secteurs stratégiques tels que l’« armement », « médicaments », « aliments » et les questions d’« environnement ». Il a exprimé sa volonté de mener un débat sur la « place du marché », concernant le soin des « personnes âgées » ou des « enfants dans les crèches » en dehors de toute considération marchande.
Quant à la qualité du travail, il a insisté sur l'importance de sanctionner les entreprises qui ne respectent pas leurs employés : « Instituons un principe, broyeur-payeur. Que l'entreprise qui produit du « burn-out » paie, alors qu’aujourd’hui cela ne lui coûte rien », a-t-il ironisé, faisant référence au ministre Gabriel Attal.
Dans un élan de transparence, Ruffin a également exposé son CV, évoquant son expérience à la tête de son journal Fakir, dont il rappelle qu’« il n’a jamais fait de déficit ». Cette expérience lui permet d'exprimer une vision critique des cotisations sociales, qu'il juge trop pesantes : « Pour augmenter un salaire de 100 euros, il en faut 400. C’est un problème ».
En matière de pouvoir d’achat, il a proposé une prime de 1 000 euros par salarié dès son arrivée au pouvoir, précisant que l’État prendrait en charge cette mesure sans frais de cotisations. Pour Ruffin, il est essentiel de faire contribuer les grandes fortunes. « Les 500 plus riches en France ont vu leur partie du PIB passer de 6 % à 40 % en 30 ans », a-t-il affirmé, dénonçant la faible fiscalité sur les dividendes par rapport à la pression sur les salaires.







