Le matin du 2 avril, l'eurodéputée LFI Rima Hassan a été interpellée dans le 10e arrondissement de Paris, comme l'a rapporté BFMTV. La nouvelle a confirmé des informations diffusées par Le Parisien. Lors de la fouille, la police a trouvé de la cathinone, une drogue de synthèse, et l'élue a refusé de fournir ses empreintes et son ADN, prolongeant ainsi sa garde à vue pour d'autres charges.
• Un poste à risque pour sa liberté d'expression
La garde à vue est venue à la suite d'une enquête ouverte par le parquet de Paris, liée à un message publié par Rima Hassan sur X le 26 mars, évoquant la figure controversée de Kozo Okamoto, condamné pour terrorisme. Les propos de Hassan, qui affirmaient : "Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir", ont suscité des réactions.
Matthias Renault, député RN, a alerté les autorités sur ces propos, ajoutant qu'il agissait en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale, qui stipule que tout député a le devoir de signaler un crime présumé.
Les plaintes se sont multipliées après la publication, incluant des alertes de la part du ministre de l'Intérieur et d'organisations juives.
• Analyse des substances : la cathinone
Lors de son arrestation, Rima Hassan avait en sa possession une petite quantité de cathinone. Cette drogue, parfois connue sous les noms de 3-MMC ou méphrédone, imite les effets de la cocaïne et des amphétamines, souvent utilisée dans le cadre du chemsex.
Selon Drogues info service, ce type de drogue de synthèse est devenu populaire dans certaines cercles, mais ses effets néfastes sont bien documentés.
• Réactions politiques et soutien
Au sein de son parti, de nombreux membres dénoncent une atteinte grave à l'immunité parlementaire de Rima Hassan. Jean-Luc Mélenchon a condamné ce qu'il perçoit comme une 'police politique' attaquant un représentant élu. Mathilde Panot et d'autres députés ont également exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux.
L'équipe de Rima Hassan a déclaré qu'elle avait toujours coopéré avec les autorités judiciaires, qualifiant cette garde à vue de « harcèlement judiciaire » visant à réduire au silence les défenseurs des droits palestiniens.
• Les limites de l'immunité parlementaire
Dans cette affaire, l'immunité parlementaire de Rima Hassan soulève des questions. Bien qu'elle soit en vigueur, les actes commis en flagrant délit peuvent soustraire à cette protection. Cette situation complexe est régie par des règles précises, souvent sujettes à interprétation. La nécessité de lever cette immunité avant toute action judiciaire est généralement une précaution prise pour éviter des vices de procédure, ce qui n'a pas été fait dans ce cas.
• Le Parlement européen en alerte
Le Parlement européen a pris connaissance de cette affaire et reste en contact avec les autorités nationales et le groupe politique de l'eurodéputée. La procédure pour lever l'immunité parlementaire est soigneusement structurée, et aucune demande formelle n'a été faite, ce qui pourrait compliquer davantage la situation de Rima Hassan.
C'est la deuxième fois que l'eurodéputée fait l'objet d'une enquête pour des propos jugés problématiques, ce qui soulève un débat sur la liberté d'expression et le droit à l’auto-défense dans la sphère politique.







