En plus de son lourd tribut humain et économique, le conflit opposant les États-Unis, Israël et l'Iran se traduit également par de graves conséquences sur l'environnement. La situation à Téhéran, où les habitants sont invités à porter des masques et à rester confinés, illustre une calamité écologique en cours. Selon Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, les bombardements des infrastructures pétrolières par les forces israéliennes et américaines aggravent une catastrophe environnementale, qu'il qualifie de "viol de la loi internationale et d'écocide".
En réponse, l'Iran cible également des installations pétrolières alliées des États-Unis, avec des attaques sur des raffineries et des navires transportant des hydrocarbures, provoquant d'épais panaches de fumée noire, notamment dans la zone industrielle de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis. Le 13 mars, Reuters rapportait que 22 navires civils avaient subi des frappes, tandis que l'armée américaine revendiquait des dommages sur plus de 90 navires iraniens. Un de ces incidents a engendré une marée noire de 18 kilomètres et causé la mort de 105 marins.
L'atmosphère et les sols contaminés
Wim Zwijnenburg, expert en désarmement humanitaire à PAX, souligne l'importance de recenser les incidents susceptibles de générer une pollution immédiate. Les frappes sur des sites militaires et industriels exposent les populations à des substances toxiques : les fumées, particules fines et produits chimiques tels que les dioxines et les métaux lourds peuvent entraîner des effets néfastes sur la santé. La toxicologue Francelyne Marano a comparé les effets de la "pluie toxique" sur Téhéran à un grave pic de pollution, provoquant des inflammations pulmonaires et augmentant le risque de cancers.
Un risque permanent de marée noire
Le CEOBS (Observatoire des conflits et de l'environnement) alerte sur les conséquences environnementales des frappes sur des sites comme Parchin, où des usines d'armement ont été ciblées. Selon l'ONG, ces installations posent un risque de pollution particulièrement préoccupant, notamment à cause des propergols utilisés dans les missiles, qui sont souvent hautement toxiques.
Les conflits présentent des impacts directs sur l'environnement, mais ils ont aussi des conséquences à long terme pour les populations, plus difficiles à appréhender.
Wim Zwijnenburg, chargé de désarmement humanitaire à PAXà franceinfo







