Une attaque aérienne pakistanaise sur un hôpital pour toxicomanes à Kaboul a coûté la vie à plus de 400 personnes, selon les autorités afghanes. Cet événement tragique représente l'une des attaques les plus mortelles dans le contexte de tensions croissantes entre l'Afghanistan et le Pakistan.
D'après Sharafat Zaman, porte-parole du ministère de la Santé, le bilan est tragiquement élevé, avec environ 400 morts et plus de 200 blessés. Le ministère de l'Intérieur a quant à lui fait état de 408 décès et 265 blessés. Toutefois, ces chiffres n'ont pas pu être immédiatement vérifiés par des sources indépendantes. Des journalistes présents sur les lieux ont observé au moins 30 cadavres, et 65 autres ont été extraits des décombres par la suite.
Thameen Al-Kheetan, représentant du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, a appelé à une enquête “rapide” et “indépendante” concernant cette attaque. Le gouvernement afghan a accusé les forces pakistanaises d'avoir délibérément ciblé le centre de traitement. En réponse, le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, a fermement nié ces allégations, déclarant que les frappes visaient uniquement des infrastructures militaires liées à des activités hostiles.
Un conflit qui perdure
Les frappes ont eu lieu lundi soir, et un témoin, Omid Stanikzai, a rapporté avoir entendu un avion de chasse lâcher des bombes, provoquant un incendie dévastateur. Les images du centre de traitement révèlent des destructions massives, avec des meubles, des couvertures et des restes humains éparpillés dans ce qui était autrefois un lieu de secours pour les dépendants.
La situation a été exacerbée par des tensions croissantes entre les deux nations. Le Pakistan accuse l'Afghanistan d'abriter des militants du mouvement des talibans pakistanais, dont les attaques ont coûté la vie à de nombreux civils au Pakistan. Bien que les confrontations aient temporairement diminué, elles ont repris avec une intensité alarmante depuis le 26 février, date à laquelle le Pakistan a déclaré “la guerre ouverte” aux autorités afghanes.
Selon un rapport de l'ONU, au moins 76 civils afghans ont péri depuis le début des hostilités fin février et plus de 115 000 familles ont été déplacées en raison de la violence persistante.
Les autorités afghanes ont appelé les familles des victimes à accepter d’enterrer leurs proches dans un tombeau commun, soulignant l’urgence et la tragédie de cette situation.







