Dans la nuit de mercredi à jeudi, des bruits de tirs et de fortes explosions se sont fait entendre autour de l’aéroport international Diori Hamani à Niamey, créant une atmosphère d’inquiétude parmi les riverains. Fort heureusement, la nuit a pris un tournant paisible après environ deux heures d’incertitude.
Le Niger, un pays aux prises avec des violences jihadistes persistantes, est dirigé par le général Abdourahamane Tiani depuis un coup d'État qui a évincé le président élu Mohamed Bazoum le 26 juillet 2023. Ce régime militaire se trouve désormais à la croisée des chemins.
À minuit, des habitants des quartiers environnants ont commencé à rapporter des bruits de détonations. Selon plusieurs témoignages, la situation est revenue à la normale aux alentours de 2 heures du matin (01H00 GMT).
L'aéroport international de Niamey, situé à proximité de la présidence du pays, abrite des installations cruciales pour les forces armées, incluant une base de drones récemment créée ainsi que le quartier général d'une force unifiée composée du Niger, du Burkina Faso et du Mali, engagée dans la lutte contre les groupes jihadistes qui sèment le chaos dans la région.
Bien que les raisons des échanges de tirs demeurent floues, des vidéos partagées par les habitants montrent des traînées lumineuses dans le ciel nocturne, potentiellement des signes d'une défense anti-aérienne en réaction à des drones. D'autres images, non vérifiées par des sources indépendantes, montrent des flammes et des véhicules calcinés, ajoutant une dimension alarmante à ces événements.
À l'aube, aucun bilan officiel n’avait été communiqué concernant ces incidents. Cependant, des partisans du régime militaire ont exhorté les citoyens à sortir dans les rues pour "défendre le pays".
Des sirènes de pompiers ont été entendues se dirigeant vers l'aéroport, à propos de quoi un compte spécialisé sur la plateforme X, "Brant", a rapporté qu'un vol en provenance d'Alger avait été redirigé vers le Burkina Faso suite à ces événements.
Cette agitation coïncide avec le transport d'une importante cargaison d'uranium, ressource précieuse dont le Niger est producteur, actuellement stationnée à l'aéroport et en attente d'exportation.
Le Niger, aux côtés de ses voisins le Mali et le Burkina Faso, est confronté à une recrudescence de la violence, particulièrement dans sa région ouest, non loin de la capitale. La création d'une alliance entre ces pays, l'Alliance des États du Sahel (AES), témoigne de leur volonté de mener une politique souverainiste, éloignée de l'influence française, ancienne puissance coloniale.
Des experts craignent que ces tensions ne s’intensifient, surtout après que des informations de l'ONG ACLED ont révélé que les violences jihadistes ont causé près de 2.000 décès au Niger en 2025. Par ailleurs, le pays doit également faire face à des attaques de Boko Haram et de l'État islamique en Afrique de l'Ouest, renforçant ainsi un tableau sécuritaire déjà extrêmement préoccupant.







