Dans une démarche audacieuse, l'administration Trump a récemment dévoilé une nouvelle réglementation visant à simplifier les procédures d'extraction minière sous-marine, marquant une étape significative vers une industrie jusqu'alors controversée. En réponse à des directives émises en avril par Donald Trump, le gouvernement a fusionné les étapes d'autorisation pour l'exploration et l'exploitation commerciale des ressources minérales hors des eaux américaines.
Ce document de 113 pages, élaboré par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), a pour but d'enrayer les délais dans l'octroi des permis pour l'extraction minière sous-marine. Cette décision soulève des inquiétudes majeures, notamment pour le désir de l'administration de s'affranchir des réglementations internationales : bien que la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) stipule que l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM) doit gérer ces ressources, les États-Unis ne sont pas signataires, ce qui leur permet d'agir en dehors des normes établies.
Les avancées technologiques dans le domaine de l'exploitation sous-marine sont mises en avant par les autorités américaines, qui estiment que l'industrie dispose désormais d'une quantité substantielle de données. Cependant, des experts en environnement, comme Emily Jeffers du Centre pour la diversité biologique, mettent en garde : « La délivrance simultanée de permis sans évaluation adéquate des impacts pourrait avoir des conséquences désastreuses sur des écosystèmes encore mal compris. »
Dans ce contexte, l'entreprise canadienne The Metals Company a profité de cette nouvelle réglementation pour soumettre une première demande d'extraction commerciale en haute mer, contournant ainsi l'AIFM. En réponse, l’AIFM a émis un avertissement : toute exploitation hors des cadres du droit international est risquée.
Les fonds océaniques sont convoités pour leur richesse en métaux rares, essentiels à la fabrication de véhicules électriques, de smartphones et d'autres technologies vertes. Les nodules polymétalliques, riches en minerais tels que le cobalt et le nickel, sont particulièrement prisés. Cependant, les dangers environnementaux, comme la libération de métaux lourds, suscitent de vives préoccupations au sein de la communauté scientifique.
À l'échelle internationale, près de quarante pays, parmi les 169 membres de l'AIFM, demandent un moratoire sur l'exploitation minière en haute mer. Emmanuel Macron, président de la République française, a qualifié cette activité potentiellement dévastatrice de « folie », signalant un besoin urgent d'un débat équilibré sur les enjeux environnementaux.
À l'heure actuelle, aucune extraction minière commerciale n'a été réalisée dans les fonds marins, tant aux États-Unis qu'ailleurs, mais la perspective de tels projets invite à une réflexion critique sur les valeurs de conservation et d'exploitation des ressources naturelles.







