Lisbonne (AFP) – La récente qualification d'André Ventura pour le second tour de l'élection présidentielle marie surprise et défi pour les partis traditionnels du Portugal, notamment pour l'actuel chef du gouvernement de droite, Luis Montenegro.
Le candidat socialiste Antonio José Seguro a obtenu 31,1 % des voix lors du premier tour, contredisant ainsi les prévisions qui prédisaient une victoire pour Ventura. Cependant, avec 23,5 % des suffrages, Ventura, président du parti Chega (« Assez »), émerge comme un leader potentiel de la droite, surpassant nettement le candidat libéral Joao Cotrim Figueiredo, qui a terminé avec 16 %, et le candidat soutenu par le gouvernement, Luis Marques Mendes, qui a obtenu 11,3 %.
Un analyste a observé que la position de Ventura pourrait renforcer son influence au sein de la droite, ce qui complique considérablement la situation pour le gouvernement minoritaire de Montenegro, qui doit maintenant grandement se soucier de la nécessité de négocier avec lui pour sa survie politique.
À noter que le Premier ministre a clairement indiqué qu'il n'orienterait pas ses électeurs vers Seguro, une figure socialiste centrée, ni vers Ventura, ce qui souligne l'incertitude de la dynamique actuelle entre ces camps politiques. Selon Paula Espirito Santo, politologue à l'Institut supérieur des sciences sociales et politiques de Lisbonne, l'absence de démarcation entre les partis pourrait finir par nuire à Montenegro lors des prochaines élections.
En dépit de ne pas être à la tête du premier tour, Ventura a réalisé une performance impressionnante, consolidant son image de leader de l'opposition. Ce faisant, il pourrait se positionner stratégiquement pour les futures législatives, son objectif ultime étant de devenir Premier ministre, comme le rappellent de nombreux analystes. Notamment, selon une publication du quotidien Publico, le second tour sera un affrontement entre modération et radicalisme, où la stratégie de moderation de Seguro sera déterminante pour attirer les électeurs centristes.
En s'organisant pour le second tour dans trois semaines, les observateurs voient Antonio José Seguro comme le candidat favori, même si le parcours d'André Ventura continue de susciter des interrogations sur son potentiel de mobilisation électorale. Antonio Costa Pinto, expert en sciences politiques, souligne que tout reste à jouer et qu'il existe une part d'imprévisibilité, ce qui rend les résultats du second tour encore plus palpitants.
Ainsi, l'élection présidentielle portugaise s'annonce comme un tournant important, non seulement pour le pays mais aussi pour l'issue de l'échiquier politique européen, reflétant les tendances croissantes en faveur des partis d'extrême droite à travers le continent.







