Alors que la plateforme Parcoursup ouvre officiellement ses portes pour les inscriptions, une question demeure : comment cette initiative lutte-t-elle contre les inégalités sociales dans l'orientation post-bac ? Dans une interview récente, Jérôme Teillard, chef de projet au ministère de l'Enseignement supérieur, s'est penché sur les efforts déployés pour favoriser l'égalité des chances.
Les critiques à l'encontre de Parcoursup soulignent souvent que la plateforme pourrait renforcer les inégalités sociales. Toutefois, Teillard insiste sur le fait que « les inégalités ne sont pas nées avec Parcoursup ». Depuis son lancement, des dispositifs ont été instaurés pour aider les lycéens, particulièrement ceux issus de milieux défavorisés, à accéder à des formations qualifiantes. Il cite, par exemple, la priorité accordée aux lycéens boursiers, qui a permis à 17 000 d'entre eux d'intégrer des formations autrement inaccessibles.
Selon les données de 2025, près de 93% des lycéens ont reçu au moins une proposition d'admission, ce qui montre que la plateforme est efficace dans sa mission. Teillard souligne qu'« aucune pénalité n'est appliquée en fonction du milieu d'origine d'un élève », contredisant ainsi des rumeurs persistantes. Une mesure marquante est le bonus accordé aux élèves des « Cordées de la Réussite », un programme de soutien pour aider ceux qui étudient dans des zones éducatives prioritaires. Ce dispositif a déjà montré son efficacité, avec un taux de propositions supérieur de 3 points pour ces élèves par rapport à d'autres candidats.
Mais l'accompagnement ne se limite pas à l'accès aux formations. Parcoursup a également été repensé pour aider les lycéens à se projeter sans autocensure. « Nous avons supprimé l'obligation de hiérarchiser les vœux, ce qui permet aux élèves de rêver grand », a insisté Teillard. Un exemple concret est l'intégration de Sciences Po Paris dans Parcoursup, qui a permis de doubler le nombre de candidatures.
Des outils comme la plateforme Avenir, lancée par l'Onisep, ainsi que le numéro vert de Parcoursup, permettent un suivi personnalisé pour orienter les élèves. Les lycéens boursiers qui envisagent de changer d'académie pour poursuivre leurs études bénéficient également d'une aide financière de 500 euros, ce qui facilite leur mobilité et élargit leurs opportunités.
Les propos de Jérôme Teillard sont corroborés par des experts en éducation, qui fustigent l'idée que Parcoursup favorise inégalement certaines catégories d'élèves. Par exemple, des études de France Stratégie révèlent que la disparité des résultats en matière d'orientation est un problème qui dépasse largement le cadre de la plateforme. L'efficacité des outils mis en place par Parcoursup pourrait bien représenter un pas significatif vers un système éducatif plus juste et inclusif.







