Le président syrien Ahmad al-Chareh a fait part d'un accord de cessez-le-feu signé avec Mazloum Abdi, le leader des Forces démocratiques syriennes (FDS), après une offensive rapide des forces gouvernementales dans le nord et l'est du pays.
Ce texte, composé de quatorze points, stipule l'intégration des FDS et des forces de sécurité kurdes au sein des ministères de la Défense et de l'Intérieur. Ce rapprochement met également en avant la remise au gouvernement des provinces dirigées par les Kurdes, notamment Deir Ezzor et Raqa. Damas prendra également en charge les prisonniers du groupe État islamique ainsi que leurs familles, actuellement détenus dans des camps kurdes.
Cette décision représente un revers significatif pour les Kurdes, qui avaient établi une administration autonome dans le nord et l'est de la Syrie depuis plusieurs années. Selon le président Chareh, l'accord, signé à distance en raison de conditions climatiques défavorables, « recommande un cessez-le-feu complet ». Tom Barrack, émissaire américain pour la Syrie, a qualifié cette entente de « tournant décisif », affirmant que deux anciens adversaires choisissent désormais le partenariat plutôt que la division.
Les négociations précédentes entre Damas et les Kurdes, initiées en mars 2025, avaient échoué. Néanmoins, une mesure récente du président a accordé des droits nationaux aux Kurdes, y compris la reconnaissance de leur langue comme officielle. Cependant, cette initiative a été jugée insuffisante par les autorités kurdes.
Alors que le gouvernement syrien poursuit sa campagne militaire, il a récemment repris le plus grand champ pétrolier du pays, al-Omar, précédemment sous contrôle des FDS. Un porte-parole du ministre de l'Énergie, Mohammad al-Bachir, a affirmé que cette reprise des ressources naturelles « marquait le début d'une nouvelle ère pour la reconstruction et le développement des infrastructures ». Ce champ pétrolier, sous le contrôle kurde depuis 2017, avait également été le site principal d'opérations de la coalition internationale anti-jihadiste.
La minorité kurde, répartie entre la Syrie, la Turquie, l’Irak et l’Iran, a subi des décennies d'oppression. Aujourd'hui, avec un effectif d'environ deux millions de personnes en Syrie, elle se trouve à un tournant. L'accord de cessez-le-feu pourrait être perçu comme une tentative d'intégration, mais des experts avertissent des dangers d'une paix fragile si les préoccupations des Kurdes ne sont pas pleinement abordées.
La semaine précédente, les forces syriennes avaient également expulsé les combattants kurdes d'Alep, et la tension demeure palpable. Le retour de la coopération entre Damas et les Kurdes pourrait tantôt ouvrir la voie à la paix, tantôt raviver d'anciennes rivalités.







