Le 16 janvier 2024, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a annoncé la révocation d'Alex Saab de son poste de ministre de l'industrie. Cette décision, qui pourrait marquer un tournant dans la politique vénézuélienne, survient après un parcours tumultueux pour Saab. Arrêté en 2021, ce dernier avait été accusé d'avoir orchestré un système de détournement d’aide humanitaire, principalement destiné à soutenir le régime de Nicolás Maduro. En décembre 2023, il avait été échangé contre des Américains détenus à Caracas.
Dans une déclaration sur Telegram, Rodriguez avait exprimé sa reconnaissance envers Saab, révélant qu'il pourrait désormais assumer de « nouvelles responsabilités » : « Je remercie mon camarade Alex Saab pour son travail au service de la patrie ».
Le limogeage de Saab soulève diverses questions sur la direction future du pays, d’autant plus que depuis le kidnapping de Maduro par les États-Unis le 3 janvier, la tension géopolitique s’est intensifiée. Les États-Unis, à travers Donald Trump, ont mentionné leur volonté de contrôler les décisions économiques du Venezuela, notamment en matière pétrolière.
Ainsi, la présidente par intérim a répété son engagement à gérer le pays : « Nous sommes aux commandes », affirmant qu’elle ne se plierait pas aux exigences extérieures, malgré les déclarations américaines.
Une opération militaire meurtrière
Parallèlement, le gouvernement a annoncé que 47 militaires vénézuéliens avaient perdu la vie lors d'une récente opération militaire américaine, à laquelle ont également été ajoutées des pertes cubaines. Le ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez, a établi un bilan plus large de 83 décédés et plus de 112 blessés, soulignant l'impact tragique de cet événement. L’armée nationale continue de faireface à des défis de sécurité qui compliquent encore davantage le paysage politique du pays.
Cette série d'événements souligne l’instabilité persistante qui règne au Venezuela, une situation qui interpelle autant les observateurs nationaux qu'internationaux. Les experts s'accordent à dire que la gestion de Rodriguez face à ces crises sera déterminante pour l'avenir du pays. Le quotidien français Le Monde rappelle que ce limogeage pourrait être un indice des tentatives de renouvellement de l'équipe dirigeante pour répondre aux graves enjeux économiques et sociaux qui touchent la nation.







