Le géant allemand Bayer se retrouve sur le devant de la scène judiciaire alors que la Cour suprême des États-Unis a accepté d’examiner un recours concernant les plaintes relatives à son herbicide controversé, le Roundup, fabriqué par sa filiale, Monsanto. Ce recours vise à déterminer la recevabilité des plaintes liées aux risques de cancer associées à l'utilisation de cet herbicide, largement critiqué par les groupes de défense de l'environnement.
Dans une décision confirmée lors de leur dernière session, les juges vont se pencher sur les implications de la loi fédérale FIFRA, qui régule l'utilisation des pesticides et empêche les États de mettre en œuvre des avertissements supplémentaires sur des produits déjà approuvés par l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Cette loi est au cœur des arguments de Bayer, qui affirme que l’herbicide, dont le principe actif est le glyphosate, n'est pas considéré comme cancérigène par l'EPA.
Il est intéressant de noter que, bien que l'Agence fédérale ait approuvé l'utilisation du glyphosate, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS le classe comme « cancérigène probable ». Cette dichotomie entre les organismes de régulation soulève des questions sur la sécurité des produits chimiques utilisés dans l'agriculture, alors que des milliers de plaintes continuent d’affluer aux États-Unis. Depuis le rachat de Monsanto en 2018, Bayer a déjà dépensé plus de 10 milliards de dollars en règlements liés à des litiges sur le glyphosate, et a provisionné des milliards supplémentaires pour les affaires encore en cours.
Le contexte de cette procédure est renforcé par des décisions judiciaires précédentes, notamment celle d'octobre 2023 où un jury a condamné Monsanto à verser 1,25 million de dollars à un homme, John Durnell, ayant développé une forme rare de cancer qu'il attribue à une exposition prolongée à Roundup. Dans le cadre de ces développements, des experts comme Dr. Jean-Pierre Amara, toxicologue, soulignent le besoin d'une réévaluation rigoureuse des risques chimiques dans l'agriculture moderne afin de protéger au mieux le public.
Avec des enjeux financiers et éthiques colossaux en jeu, le monde entier attend avec impatience les conclusions de la Cour suprême des États-Unis, qui pourraient non seulement influencer le futur de Bayer et de Monsanto, mais également façonner les normes de sécurité des pesticides à l'échelle mondiale. Selon le Monde, l'issue de cette affaire pourrait redéfinir les responsabilités légales des géants de l'agrochimie face à la santé publique.







