À Pékin, l'introduction d'une taxe de 13 % sur les contraceptifs, y compris les préservatifs, a été accueillie avec scepticisme par de nombreux habitants. Alors que le gouvernement chinois tente de répondre au déclin de la population et au vieillissement rapide de la société avec des incitations à la parentalité, nombreux sont ceux qui estiment que cette mesure ne remédie pas aux problèmes plus profonds qui freinent la natalité.
À partir du 1er janvier, la suppression des exonérations fiscales sur les contraceptifs a suscité des débats. « Taxer les contraceptifs n’a absolument rien à voir avec la décision d’avoir des enfants, » confie Jessica, une trentenaire qui souligne la pression économique et sociale actuelle sur les jeunes couples. Pour elle, le stress lié à l'emploi et à la vie quotidienne représente un frein bien plus tangible que le coût des préservatifs.
« Ceux qui ont réellement besoin de ces produits continueront à les acheter », ajoute Xu Wanting, 33 ans. Elle insiste sur le fait que ces dispositifs ne servent pas seulement à la contraception, mais jouent également un rôle essentiel dans la santé reproductive des femmes.
La fracture sociale en Chine, où les inégalités économiques se creusent, joue un rôle fondamental dans la réticence à fonder une famille. Jessica décrit une société manquant de confiance en l'avenir, où les jeunes hésitent à envisager des enfants. En 2022, la Chine a enregistré seulement 9,54 millions de naissances, marquant une baisse significative par rapport à 2016. Cette tendance inquiétante a même conduit à ce que l'Inde devienne le pays le plus peuplé du monde en 2023.
Lors d’une récente réunion sur la politique économique, le président Xi Jinping et d'autres responsables chinois ont convenu de la nécessité de promouvoir une vision positive du mariage et de la maternité. Cependant, des experts comme Alfred Wu, professeur à la Lee Kuan Yew School of Public Policy, soulignent que la taxe sur les contraceptifs reste une réaction superficielle. Pour vraiment inverser la tendance, il faudrait répondre à des problèmes structurels, tels que les frais élevés associés à l'éducation des enfants et la précarité du marché de l’emploi.
À côté de la question des contraceptifs, des jeunes couples soulignent la nécessité de garantir des avantages tels que des congés de mariage ou de maternité pour encourager les naissances. L'écart entre les classes aisées et les classes populaires s'aggrave, exacerbant la méfiance des Chinois vis-à-vis du futur.
Le défi du gouvernement est immense, et beaucoup s'interrogent : ces changements suffisants pour redynamiser la natalité en Chine ? Seule une approche globale pourra peut-être éclaircir cet avenir incertain.







