Durant quelques semaines, l'Occident a semblé retrouver une certaine vigueur. Les installations nucléaires d'Iran ont été ciblées, des figures militaires clés ont été éliminées, et le régime iranien semblait en proie à un désordre sans précédent. Les mollahs, perplexes, étaient observés par des opposants qui commençaient à rêver d'un changement.
Une politique américaine en pleine instabilité
Les analystes affirmaient que le régime iranien était à un tournant inédit, tandis que certains optimistes imaginaient enfin le moment où Téhéran serait confronté aux conséquences de ses comportements agressifs. Pour la première fois, ceux qui soutiennent le Hezbollah et le Hamas prenaient conscience qu'il existe un prix à payer pour leurs actions. Toutefois, cette dynamique a pris un tournant inattendu avec le retour en scène de Donald Trump.
Trump a soudainement décidé de rechercher des accords avec l'Iran, se préoccupant davantage de la bourse et des sondages que des véritables enjeux de sécurité. Le résultat, bien qu'acclamé par certains, s'est révélé décevant pour les États-Unis. Après avoir insisté sur la menace que représente l'Iran et avoir mobilisé des ressources militaires considérables, Washington a abouti à un accord dont l'intérêt semble obscur et dont le seul résultat tangible est la survie du régime iranien.
Dans cette configuration, ce qui est préoccupant, c'est l'absence de transparence concernant les stocks d'uranium enrichi ou les mécanismes de contrôle hypothétiques. Néanmoins, la réalité est claire : le régime est toujours en place et atteint sans doute son but primordial de survie politique, transformant ainsi son existence en une forme de victoire.
Un reflet des échecs occidentaux
Ce phénomène s'étend au-delà de l'administration Trump et illustre une pathologie plus large au sein de l'Occident. Bien que nous sachions frapper, il semble que la conclusion de nos interventions échappe à notre maîtrise. Nous gagnons des batailles tout en préservant souvent ceux que nous avons vaincus, comme si la victoire était devenue une notion moralement discutable. Trump agit plus comme un promoteur que comme un stratège, croyant que tous les défis peuvent se résoudre par des négociations.
Ce point de vue est particulièrement dangereux face à des régimes qui ne recherchent ni compromis ni bénéfice, mais qui aspirent simplement à perdurer. Dans la plupart des cas, survivre équivaut à triompher, et ce fait devient particulièrement pertinent dans une dictature révolutionnaire.
Des alliés devenus figurants
Dans ce contexte, Trump semble parfois mener une orchestration diplomatique où ses alliés apprennent trop tard qu'ils ne sont que des figurants dans un scénario dont il est la vedette. Cette obsession de la mise en scène a souvent semblé caricaturale, comme en témoigne sa lente arrivée au dernier G7, où il s'est comporté comme un monarque d'opérette. Cette attitude est alarmante, car elle réduit les relations internationales à une question de perception personnelle plutôt qu'à des engagements sérieux.
Le Tartarin de Mar-a-Lago avait promis de neutraliser la menace iranienne, mais est parvenu à un compromis que les mollahs interprètent déjà comme une victoire. Ce faux pas n'est pas seulement symbolique : il envoie un message au monde entier, affirmant qu'il suffit désormais de survivre à l'agression américaine pour être perçu comme le victorieux. Des pays comme la Russie et la Chine, ainsi que divers groupes islamistes, en tirent les leçons appropriées, tandis que les citoyens iraniens et libanais demeurent éclipsés par des intérêts géopolitiques plus larges.
En fin de compte, Trump semble confondre la valeur des alliances avec des transactions commerciales, ignorant que certains adversaires opèrent selon des impératifs historiques complexes. Face à eux, un promoteur temporaliste est souvent contraint de réaliser, trop tard, que l'Histoire ne se laisse pas réduire à une simple transaction.







