Secrétaire générale de la première organisation syndicale de France, Marylise Léon, réélue à la tête de la CFDT, incarne une approche moderne du dialogue social.
Marylise Léon, reconduite à la tête de la CFDT pour un nouveau mandat de quatre ans, a su se forger une place prépondérante au sein du premier syndicat français. Son discours est marqué par l’adhésion à une approche équilibrée, alliant une défense sans failles de la démocratie à une aversion manifeste pour l'extrémisme politique. « La véritable radicalité consiste à accepter la nuance », a-t-elle affirmé lors du congrès à Bordeaux, ajoutant que « tenir la nuance, c’est tout sauf mou ».
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, la décrit comme « une interlocutrice de choix qui incarne une nouvelle ère du syndicalisme ». Il souligne son rôle crucial dans la relance du dialogue social, abordant des thèmes d'importance comme l'avenir des jeunes et l'impact de l'intelligence artificielle.
« Sincère et drôle, travailler avec elle est un plaisir »
Stéphane Sirot, historien et expert en syndicats, indique que Marylise Léon « cherche à transformer la CFDT en promoteur du dialogue social, plutôt qu’en acteur de la confrontation ». La compétence et l’empathie qu'elle manifeste dans ses interactions la rendent, selon François Hommeril, l'ancien président de la CFE-CGC, « agréable à côtoyer ».
Marylise Léon, née le 23 novembre 1976 au Mans, est la deuxième femme à diriger la CFDT, après Nicole Notat. Elle a succédé à Laurent Berger en juin 2023, dans un contexte marqué par une forte opposition à la réforme des retraites du gouvernement.
Malgré le rejet de nombreuses initiatives gouvernementales, elle a su tirer son épingle du jeu lors de la suspension de la réforme des retraites. « Sous sa direction, la CFDT a pris un engagement significatif dans les discussions sur le travail et l’emploi », affirme le ministre Farandou, déclarant que le travail doit redevenir une priorité nationale.
Lutte contre l'extrême droite
Un autre engagement fort de Léon est la lutte contre l’essor du Rassemblement National. « Nous continuerons à nous battre contre les idées et actes d'extrême droite », a-t-elle martelé à Bordeaux. Cette position trouve un écho chez Sophie Binet, la dirigeante de la CGT, qui valorise Léon comme « une alliée fiable » dans cette guerre idéologique.
Avec un parcours riche en responsabilités, Marylise Léon est diplômée en chimie et a consacré une large part de sa carrière à la CFDT, où elle a géré des questions cruciales telles que la santé au travail et le développement durable. Elle continuera à défendre les droits des plus vulnérables face aux défis contemporains, affirmant que « la transition écologique ne doit pas être un fardeau pour ceux qui peinent à joindre les deux bouts ».
Avec AFP







