Entre l’effacement de la mémoire des lieux et la disparition des oiseaux de nos paysages, nos lecteurs s'inquiètent. Deux témoignages alertent sur la nécessité de préserver notre patrimoine et la biodiversité.
Jean-Jacques Chevrier, habitant de Gençay (Vienne) : « Quand la Safer [Société d’aménagement foncier et d’établissement rural] Nouvelle-Aquitaine évoque la “ restructuration parcellaire ”, il s’agit en réalité d’un terme poli pour désigner le remembrement, dont les conséquences ont laissé des traces douloureuses. Ce processus a détruit des patrimoines sur lesquels l’histoire se fondait, répartissant au vent des souvenirs inestimables (1).
« Des opérations qui, par quelques coups de bulldozer, ont anéanti un héritage pétri de significations. La mémoire des lieux a cédé sa place à une numérotation exempte de tout caractère. En comparant le cadastre avant et après le remembrement à Saint-Sauvant (Vienne), le choc est frappant !”
« Des noms évocateurs comme patrimoine »
« Nous avons perdu un patrimoine linguistique, où chaque appellation racontait quelque chose de son environnement. Les noms tels que La Groie, Les Bornais, ou Les Cosses renvoyaient à des réalités géologiques et botaniques que le remembrement a effacées. Les traditions et légendes locales étaient gravées dans ces dénominations : Le Chagne-à-la-Paucrasse, La Fontaine-aux-Fées, qui évoquaient des récits et des repères, sont désormais oubliées.
« Une telle dégradation de notre patrimoine, remplacé par des identifiants stériles, isole les cultures de leur terre. Ce lien vital entre l’homme et son parcelle a laissé place à un cadre anonyme, où l’on consomme sans se soucier des histoires qui se cachent derrière chaque lieu. Pourquoi ne pas valoriser ce patrimoine immatériel, comme le suggère l’UNESCO, en proposant des itinéraires de découverte de notre histoire locale ? »
SOS pour la faune aviaire
François Monnier, résidant à Blois (Loir-et-Cher) : « L'alouette, l'hirondelle, la perdrix et bien d'autres subissent une régression inquiétante. L'urbanisation galopante et les pratiques agricoles intensives se font les complices de cette disparition silencieuse.
« Si les oiseaux se cachent pour échapper à cette menace, les humains se montrent redoutables prédateurs par le biais des pesticides et autres produits chimiques. Les haies disparaissent, tout comme les espaces naturels. Nous devons agir pour préserver la vie aviaire ; des gestes simples comme limiter la tonte, laisser des fruits aux oiseaux, et installer des nichoirs peuvent faire la différence. »
« Prenons conscience que chacun de nos actes influence nos compagnons ailés. Offrir des abris adéquats et des sources d'eau contribue à redonner vie à nos jardins et campagnes. En mettant en place des jachères fleuries, nous créons de véritables sanctuaires pour la faune aviaire. »
« Faisons en sorte que ces belles créatures continuent de chanter dans nos ciels, comme le disait Victor Cherbuliez : “ J’aime la gaieté des oiseaux qui chantent au soleil les gloires du blé mûr. ” »







