Après une longue période de pourparlers, Bouygues Telecom, Free et Orange ont réussi à trouver un terrain d'entente pour racheter SFR au montant impressionnant de 20,35 milliards d'euros. L'accord, qui reste sujet à l'approbation des autorités de la concurrence, nous donne un aperçu fascinant de la redistribution imminente des abonnés de SFR.
Ce coup de maître s'est concrétisé malgré de nombreux revirements et des délais prolongés. Comme l'indique RTL, Altice France a cédé SFR à ces opérateurs dans un processus de découpe bien défini. Bien que l’accord soit encore soumis à validation, des indications claires sur la répartition des abonnés sont déjà disponibles.
Bouygues Telecom s'avère être le grand gagnant de cette opération, s'apprêtant à débourser 42% de la valeur totale de l'achat. L'opérateur s'appropriera environ 5,9 millions de clients grand public SFR, mais également les 500,000 abonnés de Prixtel, un opérateur virtuel, et l'intégralité de l'activité SFR Business, dédiée aux entreprises.
En outre, Bouygues bénéficie d'un nouvel atout conséquent avec le réseau mobile de SFR dans les zones rurales grâce à l'accord Crozon. Ce dispositif, initié en 2014 entre SFR et Bouygues, favorise l'utilisation conjointe d'antennes-relais pour minimiser les investissements dans les territoires à faible densité de population. Bouygues a également l'opportunité de récupérer des infrastructures fixes essentielles pour les entreprises, ainsi qu'une part du réseau fibre dans les zones très denses.
Free hérite des abonnés RED by SFR et renforce son réseau
Free, qui assumera 31% du coût global du rachat, se voit attribuer les abonnés les plus attentifs aux questions de prix. Le groupe Iliad intègrera ainsi 6 millions de clients de RED by SFR, la marque à bas coût de l'opérateur au carré rouge, offrant à Free une plus grande flexibilité pour capter ce segment de marché.
L'expert des télécommunications, Jean-Claude Dufour, souligne que ce mouvement pourrait redessiner le paysage des télécoms en France, rendant le marché plus compétitif tout en introduisant une redistribution des cartes dans les choix des consommateurs.







