Ce jeudi 11 juin 2026, à 9 h, a débuté le procès en révision entourant l'affaire Mis et Thiennot à Paris. L'audience a pour but de déterminer si le dossier, désormais débarrassé des aveux des deux condamnés, peut confirmer leur innocence ou au moins susciter des doutes sur leur culpabilité.
« Je suis ici pour laver l’honneur de mon père. » Sa voix, ferme mais émue, s'est élevée dans le tribunal. Thierry Thiennot a évoqué Gabriel, son père, évoquant avec émotion les hurlements nocturnes qui le tiraillaient, des souvenirs de souffrances passées.
Ce jour-là, la cour criminelle de cassation fait un saut dans le passé pour réexaminer l’affaire Mis et Thiennot, un dossier vieux de huit décennies, marqué par des rebondissements depuis la condamnation de Raymond Mis et Gabriel Thiennot par la cour d'assises de Gironde en 1950. Les deux hommes avaient été jugés coupables du meurtre du garde-chasse Louis Boitard, retrouvé criblé de plombs à Saint-Michel-en-Brenne.
Dans la salle, une trentaine de personnes assistaient à ce procès historique, dont des centaines de journalistes nationaux. Depuis 1945, seules onze affaires ont bénéficié d’un procès en révision. Parmi le public, se trouvaient des partisans de la réhabilitation des condamnés, ainsi que des personnes convaincues de leur culpabilité.
Des délibérations attendues dans les semaines à venir
Après l'exposé du conseiller rapporteur relatant les événements de 1946 et la volonté acharnée des héritiers de Mis et Thiennot pour obtenir cette révision, les premiers témoins ont été entendus. Par exemple, Gil Avérous, maire de Châteauroux, a partagé les motivations des communes de l’Indre, qui ont honoré les deux accusés en nommant plusieurs lieux publics à leur nom.
Des témoins supplémentaires, tels que François Jolivet et Léandre Boizeau, ont choisi de faire entendre leur voix à travers des écrits lus par l'avocat représentant les intérêts des héritiers. Par ailleurs, Gérard Thibault et Gilles Antonowicz, cet dernier étant l’auteur d’une publication sur l’affaire, défendront des thèses contraires. Jean-Louis Vincent, commissaire de police à la retraite et historien Jean-Marc Berlière, apporteront également leur éclairage sur cette affaire complexe.
Ce procès promet des développements captivants. Les magistrats s'efforceront de découvrir s'il existe des éléments qui pourraient établir l'innocence des condamnés ou susciter des doutes quant à leur culpabilité. Une décision de réhabilitation posthume pourrait être envisagée pour les deux hommes, graciés par le président René Coty en 1954, mais le verdict sera rendu dans plusieurs semaines.







