Lors d'une réunion confidentielle au Bundestag, Sinan Selen, le président de l'Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), a préoccupé les parlementaires en les prévenant des efforts d'infiltration des Frères musulmans dans les institutions politiques, selon le reportage du quotidien Bild.
Les Frères musulmans visent-ils à influencer la vie politique en Allemagne ? C'est en substance l'avertissement donné par Selen lors d'un petit-déjeuner organisé en privé. Bild affirme que le chef du renseignement a précisé qu'une approche non-violente est privilégiée, axée sur le développement de relations avec des élus, des responsables publics et des ONG, afin d'influer lentement sur des décisions politiques, en ayant une vision inspirée de la charia.
Les Frères musulmans forment un réseau international qui, bien que lié à diverses formes d'islam politique, privilégie des méthodes d'influence culturelle et associative en Europe. La dernière enquête de l'Office fédéral de protection de la Constitution a désigné la Communauté musulmane allemande (Deutsche Muslimische Gemeinschaft) comme l'« organisation centrale » de cette mouvance dans le pays, estimant ce réseau à environ 1 450 individus, sans compter leurs partenaires.
Selon des sources de sécurité, les partis de gauche seraient particulièrement vulnérables à ces tentatives de rapprochement, en partie à cause d'une méconnaissance des structures islamiques et d'une ouverture au dialogue que certains groupes pourraient exploiter.
Début mai, en réponse à une question parlementaire, le gouvernement fédéral indiquait ne pas avoir d'éléments concrets au sujet d'une « infiltration ciblée » des partis au Bundestag par des groupes islamistes, tout en refusant d'éclaircir davantage la question des activités des Frères musulmans, citant des préoccupations de sécurité nationale.
Cette situation souligne l'importance d'une vigilance continue et d'une réflexion collective sur la structure et l'impact des groupes organisés dans le paysage politique allemand.







