La Somalie traverse une période de crise aiguë, deux semaines après la prolongation contestée du mandat du président Hassan Sheikh Mohamud, à la suite d'une réforme constitutionnelle controversée.
La situation en Somalie s'aggrave, alors que des affrontements ont éclaté hier soir à Mogadiscio. « Une vaste opération de sécurité conduite par les forces de sécurité de la capitale est en cours », a indiqué la police locale, dans un communiqué diffusé au petit matin. « L'objectif est de neutraliser des milices lourdement armées impliquées dans des attaques au mortier contre certains quartiers », a-t-elle précisé.
La veille, des tirs nourris avaient déjà résonné dans la capitale, où l’ancien Premier ministre, Hassan Ali Khaire, a rapporté avoir été attaqué par les forces gouvernementales, tandis que des policiers faisaient face à « des milices », selon le porte-parole de la police somalienne.
Ces violences s’inscrivent dans un climat de crise politique grandissante, fournie par l’adoption en mars d'une réforme constitutionnelle jugée polémique. Cette réforme, qui vise à instaurer l’élection des parlementaires au suffrage universel, prolonge également les mandats présidentiels et législatifs de quatre à cinq ans. Le gouvernement défend l'idée que cette révision permet d'étendre le mandat de l'actuel président, mais l'opposition dénonce une manœuvre pour maintenir Mohamud au pouvoir. Ils ont donc prévu des manifestations à Mogadiscio dès aujourd'hui.
Des experts s'accordent à dire que la situation en Somalie est loin d'être résolue, même si des efforts diplomatiques sont entamés par la communauté internationale pour apaiser les tensions. « Il est essentiel que les acteurs politiques se rassemblent afin de trouver un terrain d’entente », a déclaré un analyste politique basé à Nairobi dans un entretien avec le site de France 24. La Somalie doit faire face à des défis sécuritaires et humanitaires de plus en plus pressants, exacerbés par les tensions politiques intérieures.







