M. de la Espriella a l'habitude de s'approprier les symboles, et, selon Ivan Cepeda, il semble désormais avoir «volé» le maillot de l’équipe nationale de Colombie. Ces déclarations sont survenues après le premier tour des élections, où de la Espriella, un avocat millionnaire représentant la droite, a remporté 43,7% des voix, devançant Cepeda, qui a obtenu 40,9%. Cepeda, le candidat de gauche, a ainsi dénoncé la tentative de son rival d'utiliser le maillot de l’équipe nationale pour accroître son attrait électoral.
Pour de la Espriella, ce maillot représente un support pour une campagne qui se nourrit de messages sécuritaires, similaire à celle d'autres figures de droite en Amérique latine, telles que l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, qui a tout aussi utilisé le sport à des fins politiques. Dans ce contexte électoral tendu, la popularité du maillot se renforce alors que le pays attend avec impatience la Coupe du Monde, qui commensera pour la Colombie avec un match contre l'Ouzbékistan le 17 juin.
Lors d'un rassemblement, de la Espriella et sa famille, vêtus du maillot colombien, ont suscité des critiques de Cepeda. «Depuis quand l'équipe nationale est-elle devenue la propriété de la campagne de M. de la Espriella ?» a-t-il questionné avec véhémence. Pour lui, «l'équipe nationale appartient à nous tous» et elle ne devrait pas être instrumentalisée à des fins politiques.
Selon David Quitian, un anthropologue spécialisé dans le sport, cette appropriation du maillot par de la Espriella vise à fusionner «passion sportive et passion politique». Les partisans du candidat semblent répondre à cet appel, affichant fièrement les couleurs nationales lors de ses meetings. Catalina Devia, une électrice de 42 ans, reconnait avoir porté le maillot pour exprimer son patriotisme lors du vote, une tendance en plein essor parmi ses sympathisants.
Avec le second tour des élections prévu pour le 21 juin, la compétition devient de plus en plus intense, marquée par des préoccupations croissantes concernant la sécurité en réponse à la violence des guérillas et des cartels de drogue. Cette situation incite les candidats à jouer sur des symboles rassurants et à itemiser le soutien populaire autour du football, un sport profondément ancré dans l'identité colombienne.







