Après un an de détention en Algérie, Boualem Sansal ne cache pas sa colère. L'écrivain, qui vient de sortir La Légende (Grasset), un récit autobiographique de cette période complexe, reste engagé contre le régime algérien. Sur les ondes d'Europe1/Cnews, il qualifie son emprisonnement de «barbouzerie politique» et accuse le président de l'Algérie, Abdelmadjid Tebboune, de se comporter en «vulgaire dictateur».
Boualem Sansal réclame une réaction ferme de la France, soulignant que «si le gouvernement algérien veut vraiment s’inscrire dans une démarche vertueuse, il faut libérer Christophe Gleizes tout de suite». Lors d'une récente rencontre entre le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, et son homologue algérien, il a exprimé son indignation, déclarant : «Pour moi, c’est regrettable, pour lui, c’est son rôle».
Sansal met en avant le rapport de force qui, selon lui, serait largement en faveur de l'Algérie : «le gouvernement algérien ne connaît que le rapport de force, qui est d’ailleurs de leur côté». Cela contraste fortement avec la position affaiblie de la France, qu'il décrit comme étant «du côté de l’affaiblissement».
En ce qui concerne sa situation personnelle, Sansal confie qu'il préfère être jugé par la justice plutôt que d'obtenir une grâce présidentielle, un sentiment qu'il partage dans une lettre restée sans réponse au président Tebboune. Quelque peu désemparé, il déclare : «Je suis Français», ajoutant qu'il ne compte pas laisser entraver sa liberté : «Je veux continuer d’aller partout où je veux !».
Son franc-parler lui a coûté sa relation avec son éditeur historique, Antoine Gallimard, qui lui aurait demandé de modérer ses propos. Sansal se retrouve à présent sans logement et sans ressources, ce qu'il décrit comme «une douleur inimaginable».
Il souligne que ceux qui lui ont fait du tort se considèrent maintenant comme victimes, avant de remercier ceux qui l'ont soutenu, citant des noms tels qu'Arnaud Benedetti et Jean-Michel Blanquer. Grâce à leur aide, il a pu se rapprocher de la maison d'édition Grasset qui a publié son nouveau livre.
Malgré cela, son pessimisme à l'égard de l'humanité persiste. Lors d'un entretien sur les violences urbaines survenues après la victoire du PSG en Ligue des Champions, il affirme : «L'État est en train de s’effondrer». Il observe que certains jeunes peinent à s'intégrer, selon leur volonté ou les obstacles qu'ils rencontrent.
Sanisal conclut en disant que «le gouvernement algérien veille sur sa diaspora et veut que les Algériens restent entre eux». Il exhorte à rompre cette dynamique, plaidant pour une adhésion à l'histoire française pour une intégration réussie, faute de quoi «deux France» cohabiteront dans l'inégalité. Pour lui, il est essentiel de lutter contre ce qu'il désigne comme «une civilisation de la déchéance», en insistant sur la responsabilité individuelle.







