Dans un rapport récent, le directeur général des hôpitaux parisiens appelle à instaurer une obligation de "consultations avancées" pour les médecins spécialistes et libéraux dans les zones à faible densité médicale.
« Pour lutter contre la pénurie de soins, il est impératif d'organiser un système obligatoire de consultations avancées dans les territoires où l'offre médicale est insuffisante », déclare Nicolas Revel, le directeur de l'AP-HP. Ancien directeur de l’Assurance maladie, Revel plaide dans son étude Quel avenir pour l’hôpital public ? , publiée le 26 mai 2026, pour établir cette obligation face à une concentration croissante des spécialistes dans les grandes agglomérations.
D'après Revel, cette situation illustre une « offre médicale de plus en plus spécialisée et concentrée », où les praticiens libéraux sont attirés par les zones urbaines, motivés par la capacité financière des patients à couvrir des honoraires souvent élevés.
Quels spécialistes seront concernés ?
Les spécialistes des hôpitaux publics, selon Revel, sont également nombreux à se concentrer dans les villes. Il souligne que « 44 hôpitaux pour 1 million d’habitants – contre 36 en Allemagne ou 16 en Espagne – montrent que nous avons un surplus de lits dans une multitude d’établissements plus petits ». Pour répondre à cette problématique, il propose que cette obligation soit applicable aux médecins « pour une durée limitée de leur carrière, après quelques années d'exercice », et dans un secteur « à portée raisonnable de leur cabinet principal – jusqu'à 100 km ».
« Il est préférable de se faire soigner à distance d'une certaine manière afin de bénéficier de meilleures infrastructures médicales. Cependant, il est inacceptable d’avoir à parcourir de longues distances pour des consultations spécialisées », conclut-il. Nicolas Revel préconise donc que ces consultations soient « à tarif opposable », c'est-à-dire sans dépassement d’honoraires.
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