Le 5 mai, plusieurs centaines d'employés de Google DeepMind ont signé une lettre adressée à la direction britannique, réclamant la reconnaissance du Syndicat des travailleurs de la communication ainsi que la syndicalisation avec Unite. Cette démarche, sans précédent dans un laboratoire d'IA d'une telle envergure, vise à contrer l'actuel usage de leur technologie dans des conflits liés au génocide à Gaza et à la guerre en Iran.
Face aux accords commerciaux persistants entre Google et l'État israélien, les employés de DeepMind se lèvent. Lors d'un vote, 98 % des participants ont soutenu l'initiative de syndicalisation, comme l'a rapporté le Guardian. Ce résultat a été communiqué à la direction, qui a dix jours ouvrables pour reconnaître ces syndicats ou entrer en négociations avant qu'une procédure légale ne soit prévue.
Cette syndicalisation pourrait garantir la représentation d'au moins 1 000 employés de l'antenne londonienne de Google DeepMind. Un employé a alerté : « J'ai rejoint le syndicat car j'ai des craintes que l'IA favorise l'autoritarisme, que ce soit à travers des applications militaires ou de surveillance. Syndiquer nous permet de faire entendre notre voix. »
Dix jours avant qu’une procédure légale ne soit lancée
Les revendications de ces salariés incluent l'arrêt du développement d'armements et d'outils de surveillance basés sur leur technologie, ainsi que la création d'un « organe indépendant de surveillance éthique » permettant aux individus de refuser de contribuer à des projets pour des raisons morales.
Un salarié interrogé par Middle East Eye a ajouté : « Même si notre travail est présenté comme administratif, il contribue à rendre le génocide plus rapide et efficace. » Un représentant de Google a confirmé avoir reçu la correspondance des syndicats, affirmant : « Nous valorisons le dialogue avec nos employés et sommes déterminés à offrir un environnement de travail positif. »
Des liens avec certaines des personnes les plus opprimées
Ce mouvement des travailleurs britanniques s'inscrit dans une dynamique plus globale. Au sein de Google, plus de 600 employés des divisions IA et cloud ont récemment demandé à l'entreprise de ne pas utiliser sa technologie à des fins militaires. Par ailleurs, des employés ont été licenciés pour leur implication dans des manifestations contre le projet Nimbus, qui visait à fournir des outils militaires à Israël dans le cadre d'un contrat de 1,2 milliard de dollars signé en 2021.
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU pour les territoires palestiniens, a souligné dans un rapport qu'« L'occupation d'Israël est devenue un terrain d'essai idéal pour les géants du numérique et les fabricants d'armes. » Les travailleurs de Google espèrent ainsi mettre fin à ce système colonial et génocidaire.







