Le 1er mai, une décision marquante a été prise par une cour d'appel fédérale ultraconservatrice, suspendant provisoirement l'acheminement postal de la mifépristone, considérée essentielle pour les interruptions volontaires de grossesse aux États-Unis. Danco Laboratories, l'un des principaux distributeurs, a annoncé son intention de contester cette décision devant la Cour suprême.
Cette mesure survient dans un climat de tensions croissantes autour des droits reproductifs depuis l'annulation de la garantie fédérale du droit à l'avortement par la Cour suprême en juin 2022. Depuis cette décision, plusieurs États ont imposé des restrictions sévères sur l'accès à l'IVG, tant médicamenteux que chirurgical.
Selon les données d'organisations comme l'American Civil Liberties Union (ACLU), plus d'un quart des avortements aux États-Unis sont désormais réalisés par télémédecine. Ainsi, la suspension de l'envoi postal de la mifépristone entrave gravement l'accès des patientes, en particulier dans les zones rurales où les services de santé sont limités.
Des soutiens et des critiques se manifestent
Danco Laboratories a déposé une requête d'urgence pour obtenir un sursis de l'ordonnance. Un document officiel précise :
"Danco demande un sursis administratif temporaire d'une semaine à l'exécution de l'ordonnance de la chambre afin de lui laisser le temps de saisir la Cour suprême."
La décision de la cour fait suite à une demande de l'État de Louisiane, reconnu pour ses lois anti-avortement stricte. Cet État conteste les révisions apportées aux règles d'accès à la mifépristone, en soutenant qu'elles présentent des risques pour la santé, des risques que le consensus scientifique n'a pas validés. La procureure générale de la Louisiane, Liz Murrill, a salué la décision comme une “victoire pour la vie” sur les réseaux sociaux.
Un débat sur la télémédecine
Face à ces nouvelles restrictions, Nancy Northup, présidente du Center for Reproductive Rights, a déclaré :
"Il s’agit non pas de science mais de rendre l’avortement aussi difficile, cher et inaccessible que possible."
Elle souligne que pour de nombreuses femmes, la télémédecine représente l'unique cadre pour accéder à des soins reproductifs sécurisés. Danco a également prévenu que cette décision pourrait engendrer un "chaos immédiat" pour les pharmacies et les patientes, notamment celles vivant dans des zones isolées ou faisant face à des violences conjugales.
Le contexte légal en évolution
La cour d'appel a remis en question une décision antérieure qui avait consenti un délai à la FDA pour évaluer la sécurité de la mifépristone. Dans un contexte déjà polarisé, cette décision risque d'aggraver les tensions autour des droits reproductifs. Comme le souligne de nombreux experts, ce revirement juridique pourrait influencer de manière significative l'accès aux soins de santé pour les femmes à travers le pays.







